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MADAME, MONSIEUR LE MAIRE,
ET SI APRES LE CHAMPAGNE, VOUS PASSIEZ A L’EAU ?
Paris, 17 mars 2008
A l’occasion de la journée mondiale
de l’eau du 22 mars 2008, la Coalition Eau,
regroupement de 22 ONG françaises (CCFD, Eau Vive, France Libertés,
Green
Cross France, GRET, Hydraulique Sans Frontières, Secours Catholique,
WWFFrance,…) interpelle les nouveaux élus municipaux. Elle
insiste sur le rôle
primordial que les maires doivent jouer dans l’accès à
l’eau pour tous, la gestion
et la protection de cette ressource vitale sur leur territoire et dans
le cadre
d’actions de solidarité internationale.
La Coalition Eau veut attirer l’attention sur la crise actuelle
de l’eau qui s’aggrave dans l’indifférence générale,
alors même que des réponses existent. Tous les acteurs doivent
jouer un rôle pour faire cesser l’immobilisme actuel, des
Etats aux associations, en passant par les citoyens et les organisations
internationales.
Au lendemain de ces élections, la Coalition Eau a décidé
d’interpeler des acteurs qui pourraient bousculer la donne : les
maires de France. Acteurs de référence aguerris aux réalités
du terrain, chargés du bien-être concret de leurs administrés,
ils sont considérés par la Coalition Eau comme des alliés
potentiels pour passer à l’action de façon concrète.
Ils sont aussi de puissants leviers susceptibles d’entraîner
d’autres acteurs dans ce combat.
La Coalition invite ces nouveaux élus à assumer leurs responsabilités,
à s’engager résolument sur 3 dossiers préoccupants,
pour un mandat qui doit être celui de l’action menant à
l’eau pour tous :
• Agir, ici, pour un service public accessible et universel. Populations
en difficulté, controverses sur les prix de l’eau, transparence
: la France a récemment reconnu le droit à l’eau.
Mais sans action des maires pour lui donner un sens localement, la garantie
de l’accès à une eau saine pour tous les Français
risque de rester un principe théorique. Dans un pays aussi riche
que la France, le maire doit assurer à tous un accès à
l’eau potable à un prix abordable : à lui de prendre
les mesures opérationnelles qui donneront une résonnance
concrète au droit à l’eau dans sa commune. Par exemple,
en initiant une réflexion sur la tarification et l’affectation
de l’argent de l’eau.
• Déployer leurs actions de coopération solidaire
pour l’eau potable et l’assainissement. A l’heure où
les Nations Unies dénoncent une baisse de l’aide internationale
pour un secteur pourtant indispensable à la dignité humaine,
à la vie et au développement, les maires disposent d’un
outil d’intervention qu’ils n’exploitent pas encore
suffisamment. La coopération décentralisée et le
mécanisme de la loi Oudin de janvier 2005 leur permettent
de financer sur leur budget eau et assainissement, à hauteur de
1%, des actions de coopération décentralisée, d’aide
d’urgence ou de solidarité pour l’eau et l’assainissement,
et les encouragent à partager leurs compétences et savoir
faire avec des collectivités locales du Sud. Encore trop peu utilisé,
ce dispositif innovant est un des moyens permettant aux élus de
partager leur expérience locale et de s’impliquer dans des
partenariats efficaces Nord-Sud.
• Réagir à la mise en péril de nos ressources.
Rapports inquiétants sur les taux de nitrates ou de pesticides
dans les eaux, dénonciations des pollutions aux PCB, consommations
excessives liées aux choix agricoles etc. L’état de
nos ressources, déjà très inquiétant, soulèvera
à terme des problèmes de santé publique et écologiques
inextricables. Les maires doivent garantir et accélérer
la protection des zones de captage exposées à ces pollutions.
Ils peuvent aussi avoir une influence sur les acteurs économiques
de leur territoire et ont un devoir de sensibilisation des usagers. Des
maires ont déjà montré l’exemple, mais ce sont
tous les maires de France qui
sont concernés. Ne rien faire coûtera bien plus cher que
d’engager des actions préventives: au nom de l’intérêt
général, les maires doivent avoir le courage d’opérer
des arbitrages.
La Coalition Eau sait que les maires sont très attendus par les
citoyens français, par les acteurs de l’eau à l’international,
et par tous ceux qui n’ont encore ni eau ni assainissement. En leur
proposant de saisir ce début de mandat pour passer à l’action,
les ONG de la Coalition Eau s’engagent à partager leur expérience
et leur connaissance du terrain pour
accompagner les collectivités et les soutenir dans leur démarche.
D’une seule voix, les ONG de la Coalition concluent : « Le
scandale de l’eau, c’est 8000 enfants qui meurent chaque jour
de maladies liées à l’eau. Pour être mieux compris,
cela s’apparente à 20 Airbus qui s’écrasent
chaque jour dans l’indifférence. Et ça va en s’aggravant.
Ce sont aussi des taux de pollution qui touchent la majorité de
nos eaux de surface et souterraines ». Pour ces ONG, « Les
constats sont terribles mais les solutions sont à notre portée.
Ensemble, élus et citoyens, nous avons un devoir de vigilance et
d’action : cette ressource vitale doit être
accessible à ceux qui en sont encore privés, et doit pouvoir
le rester pour ceux qui ont la chance d’y avoir accès ».
L’intégralité de l’interpellation disponible
sur www.coalition-eau.org
Contacts presse :
Emmanuelle Pometan - 06 11 34 11 88 - emma@emmapom.com
Sophie Frédéric – 06 20 34 12 16 – sophie.frederic2@orange.fr
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