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Haïti : Accès à l'eau potable dans le Nord d'Ouest


A bombardopolis, enfants et femmes viennent s'approvisionner en eau

Implantation géographique :
Département du Nord-Ouest, communes de Jean Rabel, Bombardopolis et Baie de Henne.

Contexte du programme :
Cette zone du département du nord-ouest est l’une des plus pauvres du pays. Elle est enclavée et la région est presque entièrement déboisée. L’économie des ménages les plus vulnérables de la zone est basée sur l’agriculture de subsistance et le petit commerce, deux secteurs en constante dégradation. Les groupes vulnérables deviennent de plus en plus tributaires des transferts monétaires en provenance en particulier des Etats Unis et du Canada et/ou d’une migration de la République Dominicaine et d’autres pays de la région à la recherche d’un emploi.

Un environnement précaire : Plus d’un prétendent que le climat est aride par le fait même que la région est caractérisée par des sécheresses fréquentes, sévères et prolongées. D’autres, au contraire partagent l’avis d’une mauvaise répartition de la pluviométrie (850 millimètres de pluie/an). Face à ce phénomène, le débit des sources peut varier selon qu’on est en période d’étiage ou d’abondance. Mais, il est certain qu’il existe dans la zone beaucoup de sources captées ou non à régime permanent susceptibles de valoriser un investissement en eau potable au profit de la population.

L’eau potable est un sérieux problème dans le milieu. Elle est souvent insuffisante et de surcroît contaminée, ce qui provoque diarrhées et multitude d’autres problèmes de santé. Les résultats d’analyses d’eau réalisées récemment sur un échantillon de 12 points d’eau ont montré que plus de 60% des sources de la commune de Jean Rabel sont relativement contaminées. L’amélioration de la qualité et de la quantité d’eau est souvent considérée comme la plus importante des priorités par les communautés lorsqu’il leur est demandé quels sont leurs besoins en développement. En effet, les besoins en eau potable pour le département du nord-ouest sont estimés à 27 mm³ par an. Les systèmes installés ne peuvent fournir que 11 mm³ par an actuellement ce qui explique un déficit de plus de 50% (OPS/OMS, 1996).

Généralement, toutes les eaux courantes sont impropres à la consommation. L’eau provenant des canalisations, robinets et des sources sont relativement moins dangereuses, mais ne peuvent ne peut être considérée comme complètement fiable. L’eau des réservoirs est souvent reliée à des canalisations, des robinets ou des sources et est transportée vers des zones reculées mais elle peut également provenir des rivières. D’autres études ont révélé que le taux de désinfection chimique de l’eau à usage domestique est extrêmement faible.

Les données de l’étude de base (sur la sécurité des moyens d’existence dans le nord-ouest d’Haïti – CARE, 1997) montrent que près d’un quart des ménages utilise l’eau des rivières qui est toujours impropre à la consommation. Une étude UNICEF/OMS citée dans ce document indique même un pourcentage plus élevé (37.6%) de ménages utilisant cette eau.


Dans certaines zones hautes dépourvues d’eau de surface, la situation est très critique. Au sein d’une population assez dense, l’alternative est la construction de citerne destinée au captage de l’eau de pluie. A cet effet, de nombreux projets de construction de citernes (familiales ou communautaires) ont vu le jour dans la région. Dans bien des cas, les initiatives entreprises sont insuffisantes pour satisfaire les besoins des ménages et en plus la pression exercée sur les équipements hydrauliques limite la disponibilité d’eau de boisson au profit de l’usage domestique.

Le problème de l’eau potable est toujours d’actualité dans la région et les populations ne cessent de s’exposer aux risques de contamination par les eaux souillées. Les démarches antérieures ont amené à des investissements importants dans la construction des ouvrages hydrauliques sans pour autant toucher l’aspect hygiénique. D’ autre part, nombre de ces captages sont endommagés soit à cause de l’érosion, de la caducité de l’équipement (durée de vie dépassée), d’un entretien inadéquat par les bénéficiaires et d’autres aspects de moindre importance.

Type de programme et objectifs :
Objectif général :
La qualité de vie dans le nord-ouest d’Haïti est améliorée à travers une augmentation de la disponibilité de l’eau potable et de l’eau d’usage domestique pour la population.

A l’instar du pays, les conditions sanitaires dans le nord-ouest sont précaires. Les institutions d’hygiène publique sont mal connues pour ne pas dire inexistantes et les services de santé sur place ne sont pas assez équipés pour faire face aux besoins de la population. Mener des actions en eau potable doit être vu aussi bien comme un moyen de prévention sanitaire (réduction de l’incidence des maladies hydro-fécales) que de faciliter l’accès des chefs de familles en particulier les femmes à d’autres activités à caractère socio-économique (eau potable disponible sur place).

Objectifs spécifiques :

- Les bénéficiaires dans les communes de Jean Rabel, Bombardopolis et Baie de Henne gèrent leurs systèmes d’eau potable et d’usage domestique de manière durable.

Est considéré comme desservie toute personne qui peut disposer de 20 à 30 litres d’eau par jour à une distance ne passant pas 500 mètres. Ce critère est adopté pour le milieu rural selon les recherches réalisées par l’OPS/OMS sur l’ Analyse du secteur eau potable et assainissement. La couverture des besoins en eau dans notre cas vise la population rurale dispersée par la mise en œuvre des systèmes d’adduction gravitaire et d’impluviums bien protégés répondant à une technologie simple.


- La population applique les notions d’hygiène relatives à l’environenment des points d’eau et à la consommation de l’eau traitée.

L’éducation sanitaire constitue un puissant levier qui garantit la participation communautaire, car à ce moment, le bénéficiaire doit se sentir directement impliqué dans la problématique de l’eau saine. A cet effet, motiver les bénéficiaires sur le respect des règles d’hygiène relatives à l’eau potable permettrait de limiter la prolifération des maladies d’origine hydrique par la préservation de la qualité de l’eau.


Historique du programme :
Ce programme continue le travail de réalisations (plus d'un centaine d'aménagements réalisés par Inter AIde puis Id dans cette zone), de réhabilitations et d'entretien d'ouvrages hydrauliques sur les communes de Jean Rabel et de Bombardopolis et du Môle Saint Nicolas depuis la fin des années 80.



Un aménagement réalisé par le programme en zone rurale

Public concerné :
- 35.000 personnes (5.000 familles) qui risquent de s’exposer à une pénurie d’eau. Ils sont tous considérés comme bénéficiaires directs de l’action. En majorité, ce sont de petits paysans vivant dans les collines menacées par l’érosion et dépourvues d’infrastructures hydrauliques.
- Une considération spéciale est accordée aux femmes (environ 50% de la population de la région du projet) pour une participation active dans l’exécution du projet et dans les prises de décision sur les points d’eau.
- Concernant la gestion collective des systèmes hydrauliques, les adultes sont fortement impliqués. D’autre part, dans la sensibilisation pour le traitement de l’eau, les enfants écoliers serviront de canal pour la transmission des messages dans les familles.
- La population des trois communes touchées estimée à environ 143 000 personnes est considérée comme bénéficiaires indirects de l’action.

L'équipe :
- Responsable de Programme : Renaud Voltaire
Directeur Départementale du ministère de l'environnement de 1998 à 2004. Responsable de PRogramme hydraulique pour Inter Aide (Nord Ouest est région Artibonite).

- 2 chefs de chantiers responsables de la réhabilitation et construction des points d’eau
Ces techniciens travaillent avec ID depuis plusieurs années et sont intervenus sur l'ensemble des réhabilitations ou des adductions. Ils connaissent donc très bien les ouvrages et ont la confiance des communautés.

- 1 responsable d’équipe de formation et 4 animateurs pour l’exécution des formations et le suivi organisationnel des travaux

Financement du programme :
Nations Unies (FAO)
Coopération Française (FSD)
SNEP (Syndicat National de l'Eau Potable - Haïti)
Agro Action Allemande ( ONG Allemande)


Partenaires locaux et à l'étranger :
Ce projet est conduit en partenariat avec l'ONG Agro Action Allemande

Activités, actions pour l'année en cours (2006):
1/ Les systèmes d’eau potable et d’usage domestique sont fonctionnels :
- Construction de 45 ouvrages hydrauliques avec la participation effective du groupe cible
- Réhabilitation de 163 ouvrages hydrauliques participation effective du groupe cible

2/ Les comités de gestion des points d’eau sont en mesure d’entretenir les systèmes :
Redynamiser /monter les 208 comités de gestion des points d’eau
Renforcer la structure de gestion avec la formation et des mesures d’accompagnement : gestion de caisse (redevances), chloration de l’eau, maintenance et réparation, distribution d’eau, resolution des conflits etc..

3/ Les connaissances de la population sur l’hygiène de l’eau potable sont augmentées :
- Intégrer/ former les animateurs radio sur la problématique de l’eau saine;
- Produire et diffuser des programmes de radio communautaire sur l’eau potable (hygiène des points d’eau et traitement d’eau, protection de l’environnement des captages);
- Impliquer les structures scolaires dans la démarche de sensibilisation sur l’eau potable à travers le programme santé scolaire;
- Analyser la qualité de l’eau des systèmes hydrauliques : Des échantillons d’eau seront analysés au moins chaque deux mois et après chaque saison pluvieuse ( 3 saisons pluvieuses par année);
- Promouvoir les mesures appropriées de traitement de l’eau, avec notamment la mise en place d'uns sytème local d'approvisionnement en chlorox.


Analyse d'échantillons d'eau

Contacts :

Responsable de Programme : Renaud Voltaire
Tél : (+509) 258 59 80
Courriel : r.voltaire@id-ong.org

Chef De Secteur Haïti : Nicolas Moreau
Tél (+509) 680 68 14
Courriel: n.moreau@id-ong.org

 

Page actualisée le 14/03/06