| Haïti
: Programme de Micro Crédit
de Port au Prince
Implantation
géographique :
Nous travaillons depuis le début du programme dans le bidonville
de St Martin (80 000 habitants environ). Situé au coeur de
Port-Au Prince, la capitale haïtienne, ce quartier se caractérise
essentiellement par sa densité et son insécurité.
Nous avons également ouvert en 2003 une agence à Bolosse,
qui touche plusieurs quartiers aux caractéristiques très
variées ; les bidonvilles de bord de mer « héritent
» de tous les détritus de la ville et sont particulièrement
poussiéreux, pollués et insalubres, alors que les
bidonvilles des montagnes (« mornes ») souffrent d’une
forte inaccessibilité (et donc d’une forme d’exclusion
aux services de base d’eau, électricité, …),
et d’une érosion qui détruit considérablement
l’habitat.
A partir de 2004 nous avons étendu nos activités
vers la Plaine, en zone périurbaine : Croix des bouquets,
Bonrepos (juillet 2005) et Cabaret (janvier 2006). La pauvreté
y prend une nouvelle caractéristique ; loin de la densité
des bidonvilles, poussière et pollution s’ajoutent
à un certain dénuement, doublé de l’éloignement
relatif qui peut rendre l’accès à certains services
(éducation, santé, mais aussi micro crédit)
plus difficile.
Contexte du programme
:
Haiti a connu une tres forte migration des populations vers
les villes, et surtout sa capitale Port-Au-Prince ; en 20 ans, sa
population a été multipliée par 4 à
5 !
Ce phénomène a de nombreux effets douloureux pour
la population ; les infrastructures qui manquent en zone rurale
manquent aussi cruellement en ville : peu d'eau potable, d'électricité,
peu de routes, d'écoles primaires, secondaires ou professionnelles.
Peu d'emploi formels aussi qui pourraient donner une stabilité
et quelques revenus aux gens, et quelques recettes fiscales à
l'état.
Ces effets sont encore plus vivement ressentis dans les quartiers
populaires comme ceux de St Martin et Bolosse où à
ces manques s'ajoute une promiscuité et un sous-emploi générateurs
d'un mal vivre particulièrement aigu.
Historique du programme :
Le programme a débuté ses activités en novembre
1998, après une enquête préalable ayant montré
des besoins très forts dans une zone centrale et très
défavorisée de Port-au-Prince, le quartier de Saint
Martin. Les activités étaient d’ordre économique
(micro-crédit), socio-économique (soutien à
l’accès à l’emploi des jeunes du quartier)
et sociales (soutien familial en matière sanitaire et sociale).
La spécialisation du programme vers l’activité
de microcrédit est intervenue en 2003. Nous avions alors
une seule agence et 600 bénéficiaires sur la zone
initiale de St Martin.
Les deux dernières années ont vu la mise en place
de nombreux chantiers essentiels à la professionnalisation
du programme : mise en place d’un système de gestion
de l’information fiable, sécurisé et standardisé,
mise en place d’une comptabilité en partie double,
et de manuels de procédure pour ces deux points, mise en
place d’un contentieux pour les partenaires délinquants,
planification financière et stratégique, mise en place
d’un système de gestion des risques et de contrôle
interne...
Type de programme et objectifs :
L’objectif général du projet
est de permettre aux familles défavorisées de la zone
métropolitaine de Port-au-Prince d’améliorer
leurs conditions de vie.
L‘objectif spécifique est de permettre
aux familles défavorisées de la zone métropolitaine
de Port-au-Prince d’augmenter et de sécuriser durablement
leurs revenus grâce à un accès au crédit
et à l’épargne.
Les résultats attendus sont les suivants :
Résultat 1 : 6 agences urbaines d’épargne et
de crédit sont accessibles aux populations les plus pauvres
sur Port-au-Prince et sa périphérie
Résultat 2 : le programme est structuré, sain et
performant
Résultat 3 : une institution haïtienne de micro-finance
est mise en place et devient progressivement autonome
A l'agence de croix des bouquets : des formations
sont dispensées aux bénéficiaires lors du renouvellement
du prêt. Ces groupes de bénéficaires sont solidairement
responsables.
Public concerné :
Ce programme urbain doit contribuer à l'autonomisation
des personnes parmi les plus fragilisées.
Il s'agit essentiellement de femmes, parce qu'elles supportent souvent
une charge plus lourde que les autres dans un contexte de pauvreté
; au delà des tâches ménagères et éducatives,
elles doivent souvent assumer une activité économique,
informelle, précaire, mais encore réaliser des corvées
telles qu'aller chercher l'eau. Enfin, malheureusement, l'insécurité
et la précarité sont sources de violence qui touchent
plus souvent les femmes.
L'équipe :
Directeur de Programme :
Wesner MARCELLIN
Equipe : 1 coordinateur, 2 agents
administratifs, 1 comptable, 3 superviseurs d'agence, 16 agents
de crédit, 1 logisticien, 4 gardiens, 4 femmes de ménage.
Financement du programme :
Ministère des affaires étrangères français
Concern (ONG Irlandaise)
Entrepreneurs du Monde (ONG française)
Partenaires :
- Au niveau micro crédit, nous faisons partie du réseau
Haïtien DAI/FINNET, qui rassemble la plupart des IMF opérant
en Haïti, pour des actions de lobbying légal pour un
statut d'IMF (Institution de Micro Finance), la formation des équipes
et l'échange d'informations sur les clients/bénéficiaires.
- ACME (IMF haïtienne)
- Sogebank (Banque haïtienne)
- EDM (ONG française)
Activités, actions en cours :
Nous entendons développer l’activité de microfiance
(crédit et épargne) du programme à la fois
d'un point de vue quantitatif et qualitatif. Au niveau quantitatif
nous souhaitons ouvrir de nouvelles agences pour toucher plus de
personnes. Au niveau qualitatif nous travaillons à améliorer
notre gestion de l’information, nos procédures, notre
travail d’évaluation et de conseil afin de fournir
des services plus adaptés, plus efficaces, et de mieux piloter
notre activité.
Indicateurs et statistiques (période
du 1er janvier au 31 décembre 2005):
| Intitulé |
au 31/12/05 |
| Nombre de prêts octroyés |
3321 |
| Nombre de partenaires en cours |
1870 |
| Portefeuille encours (50 Gds pour 1 euros) |
191 591 € |
| Encours moyen |
102,45 €
|
| Nombre d'épargnants |
1804 |
| Montant total de l'épargne |
46 332 € |
| Montant moyen des octrois (1er prêt) |
110,20 € |
| Montant moyen des octrois (prêts suivants) |
186,30 € |
| Taux de remboursement cumulé sur 12 mois |
92,5 % |
| Taux de viabilité |
77,57 % |
Perspectives :
Activités
Le début d’année 2006 verra la finalisation
de l’installation d’une antenne à Cabaret, et
une enquête approfondie au Cap Haïtien dans la perspective
d’une installation en milieu d’année.
Ceci porterait à 4 le nombre d’agences puisque nous
avons dû fusionner St Martin et Bolosse (Centre Ville). Comme
agence, nous aurons donc fin 2006 :
1. agence Centre Ville (St Martin + Bolosse)
2. agence Croix-des-Bouquets
3. agence Bonrepos-Cabaret
4. agence Cap Haïtien (sous réserve)
Ainsi les perspectives de développement sont bonnes malgré
le contexte (insécurité), les équipes sont
très motivées et maintiennent un bon niveau de cohérence
avec la mission du programme. Avec les partenariats qui se développent
(Concern, EdM, ANIMH), le programme se dessine un futur prometteur.
Chantiers
Les chantiers resteront nombreux en 2006. Il nous restera
à :
- finaliser de manière plus précise nos politiques
et outils de RH,
- mettre en œuvre une politique et des procédures de
contrôle interne plus significative qu’aujourd’hui,
- finaliser la mise en place d’un système de catégorisation
sociale.
Mais nous devrons surtout :
- mettre en œuvre de nouvelles procédures accompagnant
notre début de décentralisation,
- globaliser une politique de gestion des risques, et notamment
des risques externes,
- renforcer et clarifier notre stratégie de développement,
notamment en tenant compte des risques sécuritaires qui pèsent
sur le pays de manière récurrente,
- tester et développer de nouveaux services non financiers,
- établir un plan d’affaires et des prévisions
financières plus abouties,
- mettre en œuvre un comité de pilotage, préalable
à la formation d’un CA.
D’un point de vue stratégique, nous devons trouver
le moyen de ne plus souffrir autant des problèmes d’insécurité
qui touchent de façon constante la capitale depuis longtemps.
Nous avions dans un premier temps quitté les bidonvilles
du centre pour aller en plaine à la Croix-des-Bouquets (sept
2004), puis ouvrir ensuite une antenne à Bonrepos (Juillet
2005). Des problèmes commencent déjà à
se poser sur ces zones.
Nous avons pris la liberté d’aller plus loin vers la
plaine, vers Cabaret (Janvier 2006), pour assainir notre situation
dans une perspective de viabilité, tout en s’assurant
que nous touchons des personnes très pauvres.
Nous pensons sérieusement à la ville du Cap Haïtien,
deuxième ville du pays avec quelques 800 000 habitants, où
nous pourrions intervenir auprès d’une population tout
aussi pauvre, peu servie par les intervenants actuels.
Ceci sera discuté en comité de direction ID, et évoqué
avec nos partenaires avant validation.
Nous souhaiterions pouvoir assumer le calendrier suivant :
2006 – création et mise en place d’une institution
de microfinance haitienne
2007 –autonomisation progressive de cette structure, tant
opérationnellement que financièrement
2008 – autonomie complète, financière, juridique
et opérationnelle de l’institution
Contacts :
En Haïti :
Wesner MARCELIN, Directeur du Programme : w.marcelin@id-ong.org
Tel : (00 509) 514 04 96
En france :
Gilles BAUBE, de l'ONG Entrepreneurs Du Monde,
chargé du suivi operationnel : gille.baube@entrepreneursdumonde.org
Tel : (0033) (0)5 49 60 89 66
Page actualisée le 13/03/06
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