| Bénin
: Programme d'accès à
l'eau et l'assainissement dans les communes de Toffo et de Zé
Implantation géographique
:
L’intervention concerne les communes de TOFFO et ZÊ,
situées dans la partie septentrionale du département
de l’Atlantique, au sud du Bénin.
Contexte du programme
:
Avec l’avènement de la décentralisation
en République du Bénin (devenue effective après
les élections de décembre 2002), les Communes ont
désormais la charge de promouvoir le développement
et la démocratie à la base. Les élus et la
population s’engagent de ce fait dans un processus d’apprentissage
qui demande un appui important, de manière à permettre
à chacun d’assurer pleinement son rôle.
Le programme vise à apporter un appui aux communes, mais
aussi aux structures associatives intéressées, et
directement aux usagers, dans l’élaboration et la mise
en œuvre d’actions promouvant l’accès de
la population à l’eau potable et la mise en œuvre
de structures d’assainissement, en favorisant une forte implication
de l’ensemble des différents acteurs.
Historique du programme :
ID intervient depuis 1997 dans le département de l’Atlantique
à travers la mise en œuvre de programmes de développement
ruraux. C’est à partir de 2000 que nous avons commencé
à développer une approche développement local,
avec l’accompagnement des Comités Villageois de Développement
dans la conduite de diagnostics pour le développement des
villages, et le cofinancement de projets « villageois ».
Ce travail avait pour objectif de préparer la décentralisation,
qui était annoncée déjà depuis 1993.
La décentralisation n’a finalement été
effective qu’en 2003 avec l’élection des premiers
maires. Entre 2004 et 2006, nous avons poursuivi notre appui en
nous situant cette fois-ci au niveau de la Mairie : préparation
d’un plan de développement communal et appui à
la réalisation de projets définis dans le cadre de
ce Plan. L’eau ayant été retenue comme un secteur
prioritaire par la Mairie de Toffo, nous avons donc choisi de concentrer
notre appui sur ce domaine d’intervention, à travers
la réalisation de projets d’infrastructures, et la
mise en place d’un système de gestion durable des équipements.
L’action proposée s’inscrit donc dans l’exacte
continuité de notre précédente intervention
(groupes et activités cibles identiques) avec une envergure
beaucoup plus large d’un point de vue thématique puisque
le volet assainissement vient compléter l’intervention
dans le domaine de l’eau et d’un point de vue géographique
avec l’extension de la zone d’intervention à
la commune voisine de Zé.
Type de programme et objectifs :
Les objectifs généraux
En facilitant l’accès à un approvisionnement
en eau potable et à des services d’assainissement de
base, notre intervention participera à l’amélioration
des conditions de vie de la population. D’abord d’un
point de vue sanitaire à travers la diminution des maladies
hydro-fécales, grâce à la consommation d’une
eau de meilleure qualité, l’adoption de meilleures
pratiques pour le transport et la conservation de l’eau, et
l’augmentation du nombre de ménages équipés
en latrines. L’amélioration des conditions sanitaires
de la population aura également des répercussions
économiques, dégageant du temps de travail et des
revenus jusque là consacrés à la maladie. Pour
les femmes, la diminution du temps quotidien consacré à
la corvée d’eau constituera une amélioration
significative de leurs conditions de vie et ouvre aussi la possibilité
de développer de nouvelles activités économiques
liées à l’eau. La participation du secteur privé
à la construction, la gestion et l’entretien des ouvrages
hydrauliques (fonteniers, exploitants, réparateurs..) participera
également à la réduction de la pauvreté
dans la zone cible.
Notre intervention contribue également à l’amélioration
de la gouvernance des acteurs locaux. En s’appuyant sur la
mairie, le projet introduit une dimension d’aménagement
du territoire dans la gestion des projets d’accès à
l’eau et d’assainissement, qui permettra la prise en
compte prioritaire des zones les plus défavorisées.
Par ailleurs la formation et l’accompagnement des acteurs
au niveau communal et communautaire dans l’adoption de pratiques
de gestion saines constituent des éléments clefs du
développement local.
Enfin, notre action, par les principes directeurs qui la struturent,
s’inscrit dans une démarche d’appropriation des
objectifs par les acteurs locaux qui doit garantir la durabilité
des améliorations acquises.
Les principes directeurs :
L’appropriation est au cœur de l’action
proposée, qui implique les mairies et les AUEP à tous
les niveaux, de la définition d’un système de
gestion de l’eau sous forme d’atelier à la mise
en œuvre des projets.
Une approche intégrée, qui doit conduire
à ce que l’action ait un rôle catalyseur pour
attirer d’autres sources de financement..
Transparence et égalité des chances
: L’approche par la demande qui est adoptée pour la
réalisation des projets d’infrastructures et les procédures
de sélections qui seront définies par les acteurs
eux-mêmes au début du projet visent à garantir
un traitement transparent des dossiers.
Participation du secteur privé, enfin: un
résultat de l’intervention vise à développer
la participation des acteurs privés
Activités :
L’action, menée constamment en appui des compétences
et structures existantes, se déroule en trois phases, couvrant
l’intégralité du processus de mise en œuvre
d’un service pérenne d’eau et d’assainissement.
Phase 1 : Structuration de la maîtrise d’ouvrage
et de la gestion intégrée de la ressource en eau (GIRE)
- Définition d’une méthodologie pour la mise
en œuvre des actions pour l’eau et l’assainissement
- Formation des services techniques dans les mairies
- Formation des élus et des cadres communaux
- Définition des plans communaux sectoriels en matière
d’eau et d’assainissement
- Former et accompagner les AUEP dans leur rôle au sein de
la GIRE communale, dans une optique transparente et durable
Phase 2 : Conception et construction des ouvrages
- Recensement et formation des prestataires privés
- Elaboration des contrats de travaux et de maintenance des équipements
- Réalisation des travaux de construction des réseaux
et des bornes-fontaines
Phase 3 : Appropriation par les populations, des
règles de base d’hygiène, de la qualité
de l’eau et de l’assainissement
- Actions de sensibilisation, d’éducation et de communication
- Formation des comités locaux d’hygiène
- Aide financière à la construction de latrines familiales
- Intervention dans les écoles primaires
Les bénéficiaires :
- Mairies (Elus et cadres communaux) : L’action
leur assurera la formation des élus et des cadres communaux,
tout en appuyant techniquement et financièrement la création
de services techniques chargés de contrôler la gestion
de l’eau sur la commune. Les communes seront également
épaulées dans leurs démarches de recherche
de financement.
- Les AUEP (Association des Usagers): leurs membres
seront formés pour leur permettre d’assurer leur fonction
et de spécifier à travers des contrats les responsabilités
des Mairies, des AUEP et des exploitants. Il seront initiés
au contrôle de gestion et à être aptes à
décider des mesures à prendre en cas de défaillance
d’un des acteurs.
- Les prestataires privés (tâcherons,
mécaniciens, pompiste, exploitants …) :un système
d’agrémentation sera mis en place pour sélectionner
les meilleurs et leur permettre d’accéder à
des formations. Il est très important que la Mairie et l’AUEP
se dotent de compétences techniques fortes de manière
à évaluer le travail de ces opérateurs.
- Les populations actuellement desservies
en eau potable (123 250 personnes) : Les enquêtes
réalisées montrent que la consommation moyenne d’eau
potable est inférieure à celle visée dans les
ODM (12 L par jour et par personne contre 20 L par jour et par personne
attendue dans les ODM) et qu’elle se limite aux usages domestiques
(boisson, nourriture et vaisselle). L’eau potable, parce qu’elle
est éloignée et chère n’est ainsi pas
du tout utilisée à des fins économiques, par
exemple pour des activités de transformation alimentaire.
Ces activités si elles se développaient pourraient
cependant constituer des sources de revenu non négligeables
pour les femmes. Par ailleurs la difficulté d’accès
à l’eau potable conduit nombre de femmes à s’approvisionner
en eau de mauvaise qualité, sources de nombreuses maladies.
- Les populations actuellement non desservies en eau potable
(50 872 personnes) : Ces populations n’ont pas accès
à l’eau potable (d’un point de vue géographique
et financier). Elles utilisent l’eau des citernes et puits
non couverts, des marigots ou l’eau de ruissellement.
L'équipe :
- Un coordonnateur du projet
Ingénieur agronome, DESS développement local. 10 d’expérience
professionnelle dans la conduite de projets de développement
- UN assistant technique eau potable et assainissement
(volontaire expatrié)
Formation en hydraulique et en gestion de projet
- Un assistant technique développement local et planification
Sociologue de formation (niveau maîtrise) Expérience
professionnelle de 7 ans dans la mise en œuvre de plusieurs
programmes de développement.
- Deux animateurs eau et assainissement
Formation supérieure en génie civil ou hydraulique,
salariés des mairies*
- Deux chefs des services techniques
Formation supérieure en génie civil ou hydraulique,
salariés des mairies*
*Ceux –ci sont recrutés par le projet et mis en renforcement
des capacités des mairies pour l’eau et l’assainissement.
Les mairies participeront de façon progressive à leur
rémunération jusqu’à la prise en charge
totale de leur rémunération à la fin du projet.
Les partenaires locaux
La mise en œuvre du projet se fait en partenariats avec les
structures locales suivantes :
- Les mairies de Toffo et de Zê, à travers leurs services
techniques et les élus, assurent le rôle de maîtres
d’ouvrages :
Les services techniques mettent en place la procédure de
passation des marchés, font le suivi de l’évolution
des différents chantiers, contrôlent les AUEP et leurs
prestataires, gèrent en régie directe les réseaux
qui n’ont pu être géré par les AUEP en
attendant qu’un autre mode de gestion soit mis sur pied, enregistrent
les données dans le tableau de bord du suivi de la mise en
œuvre des actions du PDC.
Les élus sont associés à la planification et
le suivi de la réalisation des objectifs du projet.
- Le Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement
à bas coût (CREPA – Bénin). Ce partenaire
organisera les sessions de formation sur l’approche GIRE.
Il est responsable de la mise en œuvre du volet assainissement
à savoir : la réalisation/supervision des ouvrages
d’assainissement et la réalisation d’outils d’éducation
et de sensibilisation pour un changement de comportement
- Les structures étatiques impliquées dans le secteur
de l’eau (Services Départementaux d’eau et assainissements
SH/SHAB) ; elles appuient et conseillent les communes dans la mise
en place des infrastructures, en suivant les orientations de la
politique sectorielle et des normes techniques.
- Les ONG inter médiatrices qui sont impliquées dans
la réalisation des mesures d’accompagnement (IEC, formation)
en dehors des activités de formation qui seront directement
réalisées par l’équipe du projet..
- Le secteur privé intervient principalement dans la réalisation
des latrines (maçons locaux, PME BTP) et des chantiers hydrauliques.
Les bureaux d’études et consultants indépendants
apportent un appui technique à l’équipe de projet
à travers des missions de consultation et la réalisation
des études de faisabilité pour les ouvrages.
- Les différentes catégories d’utilisateurs
de l’eau (ménages, associations des usagers de l’eau,
etc.) : elles apportent une contribution financière à
la réalisation des ouvrages et assurent une gestion communautaire
des installations d’eau
Financement du programme :
Union Européenne (Facilité Eau)
Ville de Paris
Syndicat des Eaux d'ïle de France (SEDIF)
Contacts :
Michel KPOYIN, Responsables de
Programme
Tél. : (+229) 37 10 37
Courriel: idpca@intnet.bj
Fiche actualisée le 17/02/09
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