| Bénin
: PRAC - Programme Rural d'Appui
aux Communes d’Allada, de Toffo et de Kpomassê.
Implantation géographique
:
La zone géographique d’intervention est le département
de l’Atlantique, situé au sud du Bénin, notamment
sur les communes d’Allada, de Toffo et de Kpomassê.
Le bureau du Programme est localisé dans la commune d’Allada
au cœur de la zone d’intervention.
Contexte du programme
:
Les changements socio-économiques intervenus au Bénin
depuis 1990 ont conduit à l'émergence de nombreuses
organisations de producteurs qui ont alors senti la nécessité
de s'organiser pour défendre leurs intérêts,
et de se donner ainsi la capacité de négocier avec
l'Etat et les partenaires économiques des conditions qui
garantissent un développement durable à leurs exploitations.
Avec l’avènement de la décentralisation en
République du Bénin (devenue effective après
les élections de décembre 2002), les Communes ont
désormais la charge de promouvoir le développement
et la démocratie à la base. Les élus et la
population s’engagent de ce fait dans un processus d’apprentissage
qui demande un appui important, de manière à permettre
à chacun d’assurer pleinement son rôle.
Le programme vise à apporter un appui aux communes dans
l’élaboration et la mise en œuvre des actions
contenues dans leur Plan de Développement Communal, en favorisant
une forte implication de l’ensemble des différents
acteurs.
Il vise également à offrir aux producteurs un cadre
favorable au développement de leurs activités.
Historique du programme :
Notre intervention dans cette région du Bénin a démarré
en septembre 1996 (Programme des Classes d'Application), avec l'organisation
d'actions de formation sur différents domaines du secteur
agricole et destinées aux jeunes exclus du système
éducatif. Un système de crédit a été
mis en place en parallèle, de manière à permettre
aux jeunes formés de créer ou de développer
leurs activités.
Ce Programme a subi plusieurs mutations dans ses approches d’intervention,
avec notamment l'addition d'un volet développement local
portant sur l'appui (technique et financier) à la réalisation
de projets communautaires dans les villages.
Au cours de notre intervention précédente (2000 –
2003) nous avions également cherché à identifier
de nouvelles filières agricoles porteuses. La production
d’ananas, de gari, de lapins et d’aulacodes ont retenu
notre attention. Des programmes de formation et d’installation
des agriculteurs dans ces nouvelles filières ont été
montés. Ils se sont adressés en particulier aux «petits
producteurs» qui n’auraient pas été en
mesure, sans un appui extérieur, de se lancer dans une nouvelle
activité. Près de 600 exploitants ont bénéficié
de notre appui.
Les questions de commercialisation se sont rapidement posées
aux paysans qui ne peuvent trouver de solutions qu’en créant
des groupements de producteurs capables de vendre en «gros»
à des commerçants.
Aussi, ce nouveau projet a pour objectif de structurer les producteurs
de 4 filières (ananas, lapins, aulacodes, gari) à
travers :
- La mise en place de groupements de producteurs.
- Le renforcement de la production de ces groupements.
- La mise en place de services par ces groupements.
Concernant le volet « appui à la commune de Toffo
pour le développement local dans le cadre de la décentralisation
», ID avait travaillé auparavant à la formation
de Comités Villageois de Développement, l’appui
au diagnostic des problèmes et des solutions pour le développement
du village, le cofinancement de projets « villageois ».
Ce travail avait pour objectif de préparer la décentralisation,
qui était annoncé déjà depuis 1993.
La décentralisation n’a est finalement effective que
depuis 2003 avec l’élection des premiers maires. Actuellement,
Toffo est donc administrée par un Conseil Communal (CC) de
16 membres à la tête duquel se trouve le Maire et ses
2 adjoints. Les Chefs d’Arrondissement ont été
élus en 2003. Quant aux villages, ils sont dirigés
par des chefs de villages, désignés par les villageois.
Nous avons souhaité poursuivre notre accompagnement à
la Commune de Toffo, en se situant cette fois çi au niveau
de la Mairie. La même démarche qu’avec les villages
a été proposé : préparation d’un
plan de développement communal et appui à la réalisation
de projets définis dans le cadre de ce Plan. L’eau
a été retenue comme un secteur prioritaire par la
Mairie de Toffo. Nous avons donc choisi de n’appuyer que des
projets d’aménagements hydrauliques.
En plus des réalisations hydrauliques, le programme apporte
un appui organisationnel à la Mairie de Toffo.
les activités de ce programme ont démarrées
en septembre 2004.
Type de programme
et objectifs :
L ’objectif général est l’amélioration
de la situation socio-économique des populations de 3 communes
rurales du département de l’Atlantique que sont Allada,
Toffo et Kpomassê. Cet objectif est décliné
en deux autres objectifs spécifiques :
- Les communautés villageoises de Toffo bénéficient
de la décentralisation ;
- Les revenus des petits producteurs des communes d’Allada,
de Kpomassê et de Toffo ont augmenté.
Public concerné :
Sont directement concernés par les activités du programme
:
- Pour le volet appui au développement local, la population
de la commune de Toffo, dans le cadre de l’élaboration
et de la mise en œuvre de son PDC ;
Les 11 extensions de réseau hydralique réalisées
par le programme dans le cadre du PDC ont bénéficié
à 8250 personnes.
- Pour le volet appui aux filières agricoles :
| Filières |
Nbre de groupes |
Nbre de bénéficiaires |
| Gari |
9 ateliers de transformation |
156 membres |
| Ananas |
3 associations communales |
274 membres |
| Lapin |
8 sections locales |
76 membres |
| Aulacode |
3 associations communales |
183 membres |
| Total |
|
689 producteurs |
L'équipe :
Mesmin AGBOTON GEO, responsable du programme : Contrôleur
de Développement Rural et socio-Anthropologue. Précédemment
animateur sur un programme AFVP au Bénin, il a rejoint le
programme en 2002.
Michel KPOYIN, responsable adjoint de programme : Ingénieur
agronome, coordonnateur de zone sur le programme de 1997 à
2000.
Au niveau opérationnel :
1 responsable pour le volet développement local et décentralisation
1 responsable pour le volet structuration des micro-filières
agricoles
1 agent de développement local
3 agents de développement pour la structuration des organisations
de producteurs
1 agent de développement chargé du crédit
Au niveau administratif (ressources communes aux deux volets) :
1 secrétaire-comptable
1 chauffeur-logisticien
Financement du programme :
Ministère Français des Affaires Etrangères
Fondation Lord Michelham of Hellingly
Association Frères de Nos Frères
Association Don Boule de Neige
Activités, actions en cours :
Appui au développement local
Elaboration du Plan de Développement Local
L’équipe du projet a appuyé la Mairie
de Toffo à réaliser en 2004 son Plan de Développement
Communal (PDC). Ce plan a été définitivement
validé en février 2005 au cours d’une assemblée
générale qui a réuni tous les chefs d’arrondissements,
les élus de la Mairie, les cadres de la commune, les représentants
des services déconcentrés de l’Etat, les différentes
associations, des responsables d’ONG et projets. L’élaboration
de ce plan est un processus qui a duré plus de 6 mois (août
2004 – février 2005), l’idée étant
d’impliquer le plus grand nombre possible d’habitants.
La population a participé directement aux étapes de
préparation, du diagnostic et de la validation du PDC. Pour
les étapes qui ont concerné la vision des objectifs
et des orientations stratégiques et la programmation, leur
participation a été indirecte à travers le
comité de pilotage, les élus, les chefs de projets
et ONG, les représentants d’association.
Une monographie complète de la commune de Toffo a été
réalisée à l’issue de tout ce travail,
ainsi qu’un diagnostic des forces, des faiblesses, des opportunités
et des menaces de la commune.
Le PDC se présente sous la forme de 5 programmes déclinés
en 17 projets d’un coût global de 848.250.000 FCFA qui
sont:
- Programme 1 : Renforcement des bases de l’économie
locale : 102.900.000 FCFA
- Programme 2 : Renforcement institutionnel et de la gouvernance
locale : 172.300.000 FCFA
- Programme 3 : Gestion de l’environnement et des ressources
naturelles. : 163.000.000 FCFA
- Programme 4 : Désenclavement de la Commune et reconstruction
des pistes : 82.000.000 FCFA
- Programme 5 : Renforcement du niveau de couverture de la Commune
en service socio- communautaire de qualité : 317.050.000
FCFA. Les projets eau se situent dans le 5ème programme.
L’eau a été retenue comme un secteur prioritaire
par la Mairie de Toffo. En effet, Toffo dispose d’un taux
de desserte en eau inférieur à 50%. Aussi, une bonne
partie de la population continue de boire l’eau du marigot
ou des citernes et les habitants de Toffo consomment moins de 10
litres/jour/personne.
Un Plan Annuel d’Investissement (PAI) pour 2005 a été
établi par la commune avec l’aide de ID. Il s’est
agit de retenir les actions qui pourraient être mis en œuvre
en 2005 soit directement par la commune, soit par d’autres
partenaires qui travaillent dans Toffo.
Près de 24% du budget prévisionnel soit 78 226 080
FCFA ont été programmés pour la réalisation
des projets d’eau (le budget total prévisionnel du
plan annuel 2005 étant de 329.223.880 FCFA).
Pendant l’année 2005 en plus des réalisations
faites par ID dans le cadre des projets eau, l’équipement
d’un nouveau forage et la réalisation des extensions
avec 5 bornes fontaines ont été financés par
le DDMEH dans l’arrondissement de Damê sur l’AEV
d’Agbotagon.
Malgré ces réalisations, le bilan des 3 premiers trimestres
nous révèle que le taux de réalisation du PAI
2005 de Toffo sera inférieur à 50%. La raison fondamentale
de ce faible taux est le manque de moyens propres à la commune
pour la mise en œuvre des actions de son plan.
Réalisation d’extensions de réseaux
Un code de financement a été établi par l’équipe
du projet pour définir clairement les conditions de financement
par ID de projets d’adduction d’eau, les étapes
du processus, les rôles de chaque intervenant et les apports
de chaque partenaire pour la réalisation des projets. Il
a été demandé aux communautés de participer
à hauteur de 5% au financement de ces projets en numéraire.
L’argent devait être déposé sur un compte
CLCAM avant que les travaux ne démarrent et représente
une partie du coût total d’étude et de réalisation
des projets. Les communautés devaient également participer
aux travaux de creusement des tranchées, leur travail étant
valorisé à hauteur de 5% du montant du chantier.
Le code de financement a connu une diffusion au niveau de tous les
acteurs concernés, c’est à dire le Maire, ses
conseillers communaux et les membres des AUE.
Suite à cette diffusion, 11 demandes d’appui à
l’extension ont été déposées.Après
une présélection et une étude de faisabilité
des 11 projets, 7 demandes ont finalement été retenues.
Pour l’organisation du marché, les 7 projets ont été
répartis en deux lots constitués de trois projets
chacun et un appel d’offres a été ouvert auprès
d’entreprises installées dans le département
de l’Atlantique.
Le dépouillement des offres et la sélection de l’entrepreneur
ont été faits par une commission d’attribution
des marchés regroupant le responsable de ID, les représentants
de chaque AUE ayant un projet dans les lots et un représentant
de la Mairie. Le directeur de la DDMEH a été tenu
informé de toutes les décisions prises à ce
niveau mais n’a pu participé aux travaux de la commission.
Les travaux ont été menés conformément
aux études de faisabilité et les réceptions
des chantiers ont été organisées entre août
et septembre 2005.
Au fur et à mesure que les travaux ont été
lancés dans les 7 premiers villages, 7 nouvelles demandes
ont été enregistrées et de nouvelles études
de faisabilité ont été menées pour les
extensions de Sey et de Houègbo-Alliho en août 2005
et les travaux ont démarré en septembre 2005.
Villages ou hameaux ayant bénéficié de projet
d’extension d’eau entre mars et septembre 2005 :
| Projets (Hameaux bénéficiaires) |
Distance de l'extension (mètres) |
| Zoungoudo |
540 |
| Agbodji |
210 |
| Aligoudo |
350 |
| Agonlin |
205 |
| Adandokpa |
360 |
| Fandji-dô |
360 |
| Sodogoudo |
410 |
| Adévi |
530 |
| Kpozounmé |
1150 |
| Zounviakpa |
910 |
| Zounkpa |
560 |
| TOTAL |
5 585 |
Le montant total des travaux pour les 11 projets d’extension
d’eau est de 21 195 085 FCFA. Ce montant ne comprend pas la
participation communautaire mais inclue le prix des études
de faisabilité et du contrôle de chantier.
La DDMEH a été informée en sa qualité
de maître d’ouvrage des travaux d’extension des
réseaux.
Le prix de l’eau aux bornes fontaines a suivi les prix déjà
pratiqués. Il varie entre 20 FCFA (sur le réseau de
Houégbo Colli) et 25 FCFA (sur le réseau de Agbotagon)
la bassine de 33 litres. Au Bénin, c'est en général
la femme qui finance le coût de l’eau du ménage.
Pour une femme qui a un revenu moyen de 15 000 FCFA par mois, les
dépenses en eau peuvent représenter jusqu’à
15% de son revenu (sachant qu’elle utilise en moyenne 3 bassines
par jour pour un ménage de 7 personnes). On estime que le
coût de l’eau ne devrait pas dépasser 5% des
revenus des ménages, c’est dire si l’eau peut
vite coûter cher. Toutes les maisons de Toffo sont équipées
de citernes de collecte d’eau de pluie et les ménages
se reportent tous sur l’eau de pluie (même souvent pour
l’eau de boisson) en saison des pluies.
Formation des Comités de Points d'eau (CPE)
Pour la gestion des nouveaux points d’eau réalisés
par ID, des CPE ont été installés au niveau
de chaque borne fontaine. Ces comités sont composés
de cinq (5) membres : 1 président, 1 secrétaire, 1
trésorier, 1 responsable à la sécurité
et 1 responsable à l’hygiène et l’assainissement.
Ces CPE ont eu comme première tâche, la réalisation
du suivi communautaire des chantiers avec l’AUE et l’organisation
des apports communautaires.
2 formations ont été organisées à leur
attention auxquels 85 membres des CGE ont pris part.
- Formation 1: « Rôles et tâches des membres de
CPE », les 17 et 18 août 2005
- Formation 2 : « Hygiène de l’eau de boisson
et salubrité autour des bornes fontaines », les 22
et 23 août 2005
Appui au développement des filières
agricoles et à la structuration des producteurs
Les activités d’appui au développement
de la filière ananas 
- Prise de contact et état des lieux
des associations de producteurs d’ananas
Un diagnostic des trois unions communales (UGPAT, UCPA –
Allada et UCPA – Kpomassé) a été fait
au démarrage du projet, de manière à cibler
nos actions.
L’UGPAT est une association bien structurée, qui est
en relation avec un grand nombre de partenaires comme des acheteurs
du commerce équitable (l’UGPAT a reçu en 2005
la certification Max Haavelar), des acheteurs du commerce traditionnel,
des organismes d’appui. Ses besoins se situent dans :
- La mise à disposition d’engrais pour ses membres.
L’UGPAT possède peu de fonds propres et ses négociations
pour obtenir un crédit « intrants » auprès
des banques locales ont échoué,
- La définition d’un plan stratégique qui est
l’un des documents demandé par FLO pour la certification
Max Haavelar,
- L’appui à la production d’ananas biologique.
Il existe un marché en Europe pour ce type d’ananas
et l’UGPAT a été invitée par ses partenaires
commerciaux à se lancer dans cette production. La fertilisation
avec les fientes de volaille - qui avait été au départ
indiqué - n’étant pas suffisante et l’élevage
très peu développé dans la zone, les producteurs
sont en recherche d’autres sources de fertilisation.
L’UCPA – Allada et l’UCPA - Kpomassé se
sont créés très récemment sous l’impulsion
de l’UGPAT ou de l’UPS. Leurs besoins se situent dans
la structuration de leur association, la recherche de débouchés
et l’appui à la production.
- Mise à disposition de crédit intrant aux membres
de l’UGPAT 
L’une des difficultés rencontrées par les producteurs
est la non disponibilité en engrais, notamment le sulfate
de Potassium (K2SO4) qui est essentiel pour la concentration du
sucre dans le fruit, surtout pour la variété Cayenne
lisse. Cet engrais est peu disponible sur le marché et quand
il existe, son coût n’est pas à la portée
du «petit» voire du «moyen producteur».
Aussi pour permettre aux producteurs de développer leur activité,
un prêt de 3 000 000 FCFA a été octroyé
par ID à l’UGPAT le 2 mai 2005 pour un achat d’engrais.
Le remboursement de ce crédit se fait par l’intermédiaire
du CSFT (Centre de Séchage des Fruits Tropicaux) qui achète
la production de l’UGPAT et sécurise donc les remboursements
du crédit (les remboursements sont déduits du montant
des ventes).
97 producteurs exploitant entre 1 kantin (= 400 m2) à 2 hectares
d’ananas ont bénéficié de ce crédit
en 2005.
A ce jour, l’UGPAT a honoré toutes ses échéances
de remboursement et il lui reste 2 139 000 F CFA à rembourser
d’ici juin 2006.
- Echanges entre organisations de producteurs
2 visites d’échanges ont été organisées.
* Visite échange entre les 3 unions communales
Cette visite a eu lieu à Houègbo le 1er juillet 2005
et avait pour objet de présenter la façon dont l’UGPAT
s’était organisée.
* Visite échange de l’UGPAT à Miniffi (un village
situé dans la Commune de Dassa, abritant le site expérimental
du centre de recherche agricole de Savè).
17 producteurs ont participé à cette visite sur les
sites expérimentaux du Centre de Recherche et de Développement
de Savè. Cela a été l’occasion pour eux
de prendre connaissance des plantes fertilisantes pouvant remplacer
les engrais chimiques dans la culture de l’ananas biologique.
Ils ont pu apprécier les performances des plantes fertilisantes
et de couverture comme le Mucuna, le Stylosanthes guianensis, l’Aeschynomene…
La restitution de cette visite a été faite au retour
des participants, dans tous les arrondissements membres de l’UGPAT.
Suite à cette visite, des termes de référence
ont été élaborés pour organiser une
formation sur les techniques culturales des plantes fertilisantes.
Le dossier sera soumis prochainement au FODEFCA pour un appui financier.
- Appui à la structuration
Le projet a accompagné l’UGPAT à l’élaboration
de son plan stratégique pour la période 2005-2008.
Le plan d’action 2006 de l’UCPA-Allada a été
élaboré. ID devra identifier au sein de ce plan d’action
les axes qu’elle souhaite soutenir l’année prochaine.
L’UCPA-Kpomassé a choisi de se structurer à
partir de groupements villageois, contrairement aux autres associations
communales qui regroupent directement des producteurs individuels.
Ces groupements villageois sont eux-mêmes faiblement structurés
et il est prévu de les appuyer pour s’assurer que l’UCPA-Kpomassé
part sur une base suffisamment solide.
Des fiches thématiques ont été préparées
sur les thèmes suivants :
- La nécessité de l’existence des textes fondamentaux,
- Les rôles et tâches des responsables d’une association,
- Les droits et devoirs des membres,
- La tenue des outils de gestion.
- Les formations sur ces thèmes auront lieu en année
2.
L’UCPA-Allada, en matière de recherche de débouchés,
est en négociation avec l’UGPAT et d’autres clients
pour trouver des marchés aux produits de ses membres. Quant
à l’UCPA
Kpomassè, elle collabore avec l’UPS pour la vente à
l’export des produits de ses membres. Pour l’approvisionnement
en rejets, qui était l’une des difficultés soulevées
par les producteurs au démarrage du programme, il n’existe
pas encore de stratégie propre aux Unions. Chaque producteur
réserve une superficie pour la production de ses rejets.
Les activités d’appui aux élevages
d’aulacode
- Prise de contact et état des lieux des associations d’éleveurs
d’aulacodes
Au démarrage du projet, seule l’association des aulacodiculteurs
d’Allada existait (ASSEAUCA). Celle-ci a été
créée en novembre 2001 sur l’initiative de certains
éleveurs qui avait été installés par
ID.
A Toffo et à Kpomassé, il n’existait pas d’associations
regroupant les éleveurs d’aulacodes. Pourtant chaque
éleveur ressentait le besoin de s’associer à
d’autres notamment pour résoudre des problèmes
de vente qu’ils n’arrivaient pas à solutionner
individuellement.
- Appui à la structuration
L’équipe du projet a travaillé à la constitution
de l’association des éleveurs d’aulacodes de
Toffo (UCEAT) et de Kpomassé (ASSEAUCOK). Chaque association
a organisé son assemblée constitutive au cours de
l’année 2004 et 2005 (le 14 décembre 2004 pour
l’ASSEAUCOK et le 19 mars 2005 pour l’UCEAT) et s’est
doté de statuts et de règlements intérieurs.
Au niveau de l’ASSEAUCA, le projet a aidé cette jeune
association à préparer son assemblée générale,
notamment par la fourniture du bilan financier de l’année.
Au cours de cette assemblée, le bureau a été
presque entièrement renouvelé du fait de l’inactivité
de la plupart des responsables du bureau.
- Organisation de visites échanges
Deux visites échanges ont été organisées
cette année :
* Une visite, le 30 juin 2005 entre les bureaux des 3 associations
d’aulacodiculteurs et l’UGPAT, et portant sur le thème
: Organisation et fonctionnement des associations (au total 25 participants).
* Une deuxième visite, les 26 et 27 juillet 2005 pour les
mêmes associations auprès d’une autre association
d’aulacodiculteurs à Ifangni (département de
l’Ouémé) et portant sur le thème : recherche
de débouchés et maîtrise de la production (au
total 20 participants).
Toutes ces visites ont fait l’objet de restitution à
la base par les associations visiteuses. Une troisième visite
est en cours de préparation.
- Appui à la recherche de débouchés
Les 3 associations ont pu être mis en contact avec des acheteurs
(notamment Mme Sondé de la société Mikado)
ce qui leur a permis de vendre près de 300 têtes d’aulacodes
à 6 000 FCFA l’unité comme «aulacodes
de bouche». Depuis plusieurs mois, les éleveurs s’étaient
découragés face aux difficultés de vente qu’ils
connaissaient. En effet, jusqu’à présent les
éleveurs vendaient leurs animaux en tant que «géniteurs»
à des projets de développement qui faisaient la promotion
de l’élevage d’aulacodes. Ces projets se sont
tous interrompus et avec eux, le marché qu’ils avaient
créé. Ce nouveau marché d’aulacode de
bouche est donc très intéressant pour les éleveurs
d’aulacodes, même si le prix d’achat proposé
est inférieur à ce dont ils avaient l’habitude.
D’autres offres d’achat leur ont été faites
mais qu’ils n’ont pas pu honorer, faute d’animaux.
Les activités d’appui aux élevages
de lapin 
- Prise de contact et état des lieux des sections locales
de cuniculteurs
Les activités au niveau des sections locales ont démarré
par les séances de prises de contact auprès des cinq
sections locales existantes au démarrage du projet : 1 à
Kpozounmè (Kpomassè), 1 à Toffo Sèdji
(Toffo) et 3 à Kossoé (Allada). Les éleveurs
de la section de Kpozounmè n’ont pas soldé le
crédit qu’ils avaient pris auprès de ID depuis
de 2001 (crédit sur une durée de 10 mois au départ)
aussi il a été décidé de n’intervenir
auprès de cette section qu’une fois leur crédit
remboursé. Fin septembre 2005, ils avaient remboursé
50 000 FCFa mais tous les crédits n’étaient
pas encore soldés.
A Kossoé et à Toffo Sédji, le projet a accompagné
les sections locales à se doter de règlements intérieurs,
d’outils de gestion du secrétariat et de la trésorerie
pour une meilleure structuration de leurs groupes.
- Visites d’identification des nouveaux cuniculteurs pour
l’installation de nouvelles sections
Plusieurs visites de terrain ont permis d’aboutir à
l’identification de producteurs motivés pour se lancer
dans l’élevage de lapins. 4 sections ont été
installées : 2 à Lissègazoun, 1 à Adjohoun
et 1 à Ouègbo. 2 autres groupes ont été
identifiés à Ayou et à Dodji-aliho et sont
en cours d’installation.
Des règlements intérieurs ont été validés
par chaque section et les outils de gestion sont en cours d’installation.
- Formation
2 sessions de formation sur les techniques d’élevage
des lapins ont été organisées pour tous les
éleveurs débutants des nouvelles sections locales
(sauf celle de Dodji Alliho qui n’existait pas encore au moment
de la tenue de la formation). 48 éleveurs y ont participé
sur 3 jours. La formation a développé 7 modules :
habitat, alimentation, reproduction, hygiène, maladies courantes
te techniques de traitement, fiches de suivi technique, documents
comptables . Les stagiaires ont pu mettre en pratique leur formation
sur des animaux vivants et visiter une ferme pratiquant la cuniculture
depuis plusieurs années.
Une autre formation a été organisée pour 37
éleveurs déjà installés, pour leur permettre
d’approfondir leur connaissance de l’élevage.
- Mise en place des crédits
Des crédits ont été accordés à
43 éleveurs pour un montant total de 1 570 000 FCFA.
Les crédits sont remboursables sur 6 mois : la moitié
du remboursement est payé par mensualités pendant
5 mois et l’autre moitié est payé le 6ème
mois.
Ces crédits servent à la fois à l’achat
de géniteurs et de l’alimentation. Les cages doivent
être construites avant le démarrage du crédit
par l’éleveur.
- Mise en réseau avec l’ABeC
Les 4 nouvelles sections locales n’ont pas encore été
mises en contact avec l’ABeC. Elles sont pour l’instant
en période d’observation par ID. Par contre, les éleveurs
de Kossoé et de Toffo Sédji sont déjà
membres de l’AbeC. Une négociation a été
menée par ID pour que l’ABeC accueille des producteurs
disposant uniquement de 1 lapin et 3 lapines-mères (l’ABeC
demandait un minimum de 1 lapin pour 6 lapines mères pour
pouvoir être membre). Aussi, les nouvelles sections pourront
bientôt être proposées pour être membres
de l’ABeC.
L’ABeC n’impose pas d’exclusivité de vente
à ses membres. Aussi, les éleveurs, mêmes membres
de l’ABeC, trouvent régulièrement des marchés
à des conditions plus intéressantes. La cherté
de la provende reste encore un souci pour les éleveurs et
plusieurs sections locales réfléchissent à
la fabrication d’une provende par eux-mêmes.
Les activités d’appui au développement
de la filière de transformation du manioc en gari
Les activités d’appui à la filière gari
ont consisté cette année en :
- La rencontre des communautés et la réalisation de
l’état des lieux des 11 centres de transformations
installés lors de la phase précédente du projet.
- La récupération dans les centres qui ne fonctionnaient
pas (Adjadji-Bata, Sègbèya et Houèglé)
du matériel de transformation non utilisé. Ce matériel
a été réparé et réinstallé
dans les centres de Fassinouhocon, Takon, Togouin et Togoudo. Tous
les centres ont été réfectionnés. Quelques
nouveaux équipements ont été apportés
(charrettes pour transporter le manioc …) avec une participation
de 10% de leur valeur apportée par les femmes.

- 2 nouveaux centres ont été identifiés à
Ayou et à Sey. Du matériel y a été installé.
Une participation de 15% au matériel a été
demandée et apportée par les femmes bénéficiaires.
Des séances de réflexion ont eu lieu au sein de l’équipe
sur le mode d’installation des nouveaux centres et les stratégies
de restructuration des anciens centres.
Chaque atelier regroupe entre 6 (centre de Sey) et 25 femmes (centre
de Fassinouhokon). Pour la mise en place des crédits, il
a été demandé aux femmes de se constituer en
Groupes de Caution Solidaire (GCS). Les 3 premiers crédits
ont été attribués à 3 groupes de caution
solidaire du centre de Fassinouhokon pour un total de 500 000 FCFA.
Le gari s’est vendu à un bon prix cette année
et on a assisté à une montée de la valeur des
champs de manioc. Nous incitons les femmes à produire du
gari «séhoué» : il s’agit d’un
gari entièrement cuit qui est vendu plus cher que le gari
« mi – cuit ».
Les activités d’appui en micro-crédit
aux filières agricole
L’accès aux crédits est indispensable pour
accompagner la mise en place et le développement de nouvelles
activités chez les producteurs. Une politique de crédit
a été définie par le programme, dont voici
les éléments essentiels :
- De petits montants de crédit. Chaque producteur reçoit
entre 30 000 FCFA (si il débute dans l’activité)
et 100 000 FCFA (cas de l’ananas qui nécessite des
fonds importants). Ces crédits modestes sont en relation
avec les capacités de remboursement du producteur et la durée
de remboursement qui est délibérément courte.
L’éleveur n’investit donc au départ que
modestement ce qui lui donne le temps de maîtriser techniquement
ces productions qui sont nouvelles pour lui. Le risque est limité
pour ID.
- Un remboursement mensualisé. Les remboursements démarrent
dès le premier mois, sauf pour le gari où il est différé
d’un mois. Pour les éleveurs, cela suppose donc que
l’éleveur devra rembourser son crédit avec le
produit d’autres cultures et non avec le produit de l’activité
pour laquelle il a obtenu un crédit. Ce système garantit
un meilleur remboursement : d’une part, parce qu’il
équivaut à utiliser les fonds propres de l’éleveur
pour payer le crédit ; d’autre part, parce que les
mensualités sont faibles et donc plus faciles à récupérer
que si le crédit était recouvré à la
fin de l’échéance.
- Une étude de faisabilité est menée avant
tout octroi d’un crédit. Elle vérifie que les
conditions d’octroi du crédit sont remplies notamment
la moralité de l’individu, son appartenance à
un groupe, son niveau de maîtrise technique de l’activité
…
- La garantie est apportée par la caution solidaire. Les
crédits sont octroyés uniquement à des groupes
qui se chargent de redistribuer la somme empruntée auprès
de leurs membres. Si un individu ne rembourse pas, c’est tout
le groupe qui doit cotiser sous peine de pénaliser tout le
groupe (pénalités de retard, pas d’accès
à un nouveau crédit …). Ce système a
montré son efficacité auprès des populations
pauvres, qui n’ont pas la possibilité de garantir leur
crédit autrement.
- Adaptation aux activités. La durée du crédit,
son montant, son mode de remboursement varient en fonction du type
d’activités.
- Suivi rapproché par une tierce personne. Un animateur du
programme est chargé de la mise en place et du recouvrement
du crédit (il se déplace chez les éleveurs).
Il est mis en contact avec le groupe bénéficiaire
par l’animateur « filière » mais nous jugeons
primordial de séparer le rôle de « conseiller
technique » que tient l’animateur « filière»
du rôle de recouvrement des crédits tenu par l’animateur
«crédits».
Le taux d’intérêt pratiqué est un taux
linéaire de 12% l’an.
11 crédits d’un montant total de 5 070 000
FCFA ont été installés dans les trois
communes . Au total, 165 bénéficiaires
ont été appuyés en micro-crédits dont
:
- 43 éleveurs de lapin,
- 25 transformatrices de manioc en gari
- et 97 producteurs d’ananas.
Un audit a été réalisé en cours d’année
par un consultant extérieur, qui a validé globalement
notre démarche tout en insistant sur :
- l’importance de bien expliquer le rôle de la caution
solidaire et le rôle de la pression sociale en général,
- la formation de l’agent de crédit,
- l’utilisation de nouveaux outils de suivi des crédits,
qui permettraient de recouper toutes les données,
- le transfert des activités de crédit à une
IMF (Institution de Micro Finance) spécialisée.
Contacts :
Caroline Vignon, Responsable de pôle
développement rural
Tèl. : (+33) (0)5 49 60 89 66
Courriel : c.vignon@id-ong.org
Mesmin AGBOTON GEO et Michel KPOYIN,
Responsables de Programme
Tél. : (+229) 37 10 37
Courriel: idpca@intnet.bj
Fiche actualisée le 21/03/06
|