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Bénin : PRAC - Programme Rural d'Appui aux Communes d’Allada, de Toffo et de Kpomassê.


Implantation géographique :
La zone géographique d’intervention est le département de l’Atlantique, situé au sud du Bénin, notamment sur les communes d’Allada, de Toffo et de Kpomassê.
Le bureau du Programme est localisé dans la commune d’Allada au cœur de la zone d’intervention.

Contexte du programme :
Les changements socio-économiques intervenus au Bénin depuis 1990 ont conduit à l'émergence de nombreuses organisations de producteurs qui ont alors senti la nécessité de s'organiser pour défendre leurs intérêts, et de se donner ainsi la capacité de négocier avec l'Etat et les partenaires économiques des conditions qui garantissent un développement durable à leurs exploitations.

Avec l’avènement de la décentralisation en République du Bénin (devenue effective après les élections de décembre 2002), les Communes ont désormais la charge de promouvoir le développement et la démocratie à la base. Les élus et la population s’engagent de ce fait dans un processus d’apprentissage qui demande un appui important, de manière à permettre à chacun d’assurer pleinement son rôle.

Le programme vise à apporter un appui aux communes dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions contenues dans leur Plan de Développement Communal, en favorisant une forte implication de l’ensemble des différents acteurs.
Il vise également à offrir aux producteurs un cadre favorable au développement de leurs activités.

Historique du programme :
Notre intervention dans cette région du Bénin a démarré en septembre 1996 (Programme des Classes d'Application), avec l'organisation d'actions de formation sur différents domaines du secteur agricole et destinées aux jeunes exclus du système éducatif. Un système de crédit a été mis en place en parallèle, de manière à permettre aux jeunes formés de créer ou de développer leurs activités.
Ce Programme a subi plusieurs mutations dans ses approches d’intervention, avec notamment l'addition d'un volet développement local portant sur l'appui (technique et financier) à la réalisation de projets communautaires dans les villages.

Au cours de notre intervention précédente (2000 – 2003) nous avions également cherché à identifier de nouvelles filières agricoles porteuses. La production d’ananas, de gari, de lapins et d’aulacodes ont retenu notre attention. Des programmes de formation et d’installation des agriculteurs dans ces nouvelles filières ont été montés. Ils se sont adressés en particulier aux «petits producteurs» qui n’auraient pas été en mesure, sans un appui extérieur, de se lancer dans une nouvelle activité. Près de 600 exploitants ont bénéficié de notre appui.

Les questions de commercialisation se sont rapidement posées aux paysans qui ne peuvent trouver de solutions qu’en créant des groupements de producteurs capables de vendre en «gros» à des commerçants.
Aussi, ce nouveau projet a pour objectif de structurer les producteurs de 4 filières (ananas, lapins, aulacodes, gari) à travers :
- La mise en place de groupements de producteurs.
- Le renforcement de la production de ces groupements.
- La mise en place de services par ces groupements.

Concernant le volet « appui à la commune de Toffo pour le développement local dans le cadre de la décentralisation », ID avait travaillé auparavant à la formation de Comités Villageois de Développement, l’appui au diagnostic des problèmes et des solutions pour le développement du village, le cofinancement de projets « villageois ». Ce travail avait pour objectif de préparer la décentralisation, qui était annoncé déjà depuis 1993. La décentralisation n’a est finalement effective que depuis 2003 avec l’élection des premiers maires. Actuellement, Toffo est donc administrée par un Conseil Communal (CC) de 16 membres à la tête duquel se trouve le Maire et ses 2 adjoints. Les Chefs d’Arrondissement ont été élus en 2003. Quant aux villages, ils sont dirigés par des chefs de villages, désignés par les villageois.

Nous avons souhaité poursuivre notre accompagnement à la Commune de Toffo, en se situant cette fois çi au niveau de la Mairie. La même démarche qu’avec les villages a été proposé : préparation d’un plan de développement communal et appui à la réalisation de projets définis dans le cadre de ce Plan. L’eau a été retenue comme un secteur prioritaire par la Mairie de Toffo. Nous avons donc choisi de n’appuyer que des projets d’aménagements hydrauliques.
En plus des réalisations hydrauliques, le programme apporte un appui organisationnel à la Mairie de Toffo.

les activités de ce programme ont démarrées en septembre 2004.

Type de programme et objectifs :

L ’objectif général est l’amélioration de la situation socio-économique des populations de 3 communes rurales du département de l’Atlantique que sont Allada, Toffo et Kpomassê. Cet objectif est décliné en deux autres objectifs spécifiques :
- Les communautés villageoises de Toffo bénéficient de la décentralisation ;

- Les revenus des petits producteurs des communes d’Allada, de Kpomassê et de Toffo ont augmenté.

Public concerné :

Sont directement concernés par les activités du programme :
- Pour le volet appui au développement local, la population de la commune de Toffo, dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre de son PDC ;
Les 11 extensions de réseau hydralique réalisées par le programme dans le cadre du PDC ont bénéficié à 8250 personnes.
- Pour le volet appui aux filières agricoles :

Filières Nbre de groupes Nbre de bénéficiaires
Gari 9 ateliers de transformation 156 membres
Ananas 3 associations communales 274 membres
Lapin 8 sections locales 76 membres
Aulacode 3 associations communales 183 membres
Total   689 producteurs

Hommes 469
Femmes 220

L'équipe :

Mesmin AGBOTON GEO, responsable du programme : Contrôleur de Développement Rural et socio-Anthropologue. Précédemment animateur sur un programme AFVP au Bénin, il a rejoint le programme en 2002.

Michel KPOYIN, responsable adjoint de programme : Ingénieur agronome, coordonnateur de zone sur le programme de 1997 à 2000.

Au niveau opérationnel :
1 responsable pour le volet développement local et décentralisation
1 responsable pour le volet structuration des micro-filières agricoles
1 agent de développement local
3 agents de développement pour la structuration des organisations de producteurs
1 agent de développement chargé du crédit
Au niveau administratif (ressources communes aux deux volets) :
1 secrétaire-comptable
1 chauffeur-logisticien

Financement du programme :
Ministère Français des Affaires Etrangères
Fondation Lord Michelham of Hellingly
Association Frères de Nos Frères
Association Don Boule de Neige

Activités, actions en cours :

Appui au développement local

Elaboration du Plan de Développement Local

L’équipe du projet a appuyé la Mairie de Toffo à réaliser en 2004 son Plan de Développement Communal (PDC). Ce plan a été définitivement validé en février 2005 au cours d’une assemblée générale qui a réuni tous les chefs d’arrondissements, les élus de la Mairie, les cadres de la commune, les représentants des services déconcentrés de l’Etat, les différentes associations, des responsables d’ONG et projets. L’élaboration de ce plan est un processus qui a duré plus de 6 mois (août 2004 – février 2005), l’idée étant d’impliquer le plus grand nombre possible d’habitants. La population a participé directement aux étapes de préparation, du diagnostic et de la validation du PDC. Pour les étapes qui ont concerné la vision des objectifs et des orientations stratégiques et la programmation, leur participation a été indirecte à travers le comité de pilotage, les élus, les chefs de projets et ONG, les représentants d’association.
Une monographie complète de la commune de Toffo a été réalisée à l’issue de tout ce travail, ainsi qu’un diagnostic des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces de la commune.
Le PDC se présente sous la forme de 5 programmes déclinés en 17 projets d’un coût global de 848.250.000 FCFA qui sont:
- Programme 1 : Renforcement des bases de l’économie locale : 102.900.000 FCFA
- Programme 2 : Renforcement institutionnel et de la gouvernance locale : 172.300.000 FCFA
- Programme 3 : Gestion de l’environnement et des ressources naturelles. : 163.000.000 FCFA
- Programme 4 : Désenclavement de la Commune et reconstruction des pistes : 82.000.000 FCFA
- Programme 5 : Renforcement du niveau de couverture de la Commune en service socio- communautaire de qualité : 317.050.000 FCFA. Les projets eau se situent dans le 5ème programme.

L’eau a été retenue comme un secteur prioritaire par la Mairie de Toffo. En effet, Toffo dispose d’un taux de desserte en eau inférieur à 50%. Aussi, une bonne partie de la population continue de boire l’eau du marigot ou des citernes et les habitants de Toffo consomment moins de 10 litres/jour/personne.

Un Plan Annuel d’Investissement (PAI) pour 2005 a été établi par la commune avec l’aide de ID. Il s’est agit de retenir les actions qui pourraient être mis en œuvre en 2005 soit directement par la commune, soit par d’autres partenaires qui travaillent dans Toffo.

Près de 24% du budget prévisionnel soit 78 226 080 FCFA ont été programmés pour la réalisation des projets d’eau (le budget total prévisionnel du plan annuel 2005 étant de 329.223.880 FCFA).

Pendant l’année 2005 en plus des réalisations faites par ID dans le cadre des projets eau, l’équipement d’un nouveau forage et la réalisation des extensions avec 5 bornes fontaines ont été financés par le DDMEH dans l’arrondissement de Damê sur l’AEV d’Agbotagon.
Malgré ces réalisations, le bilan des 3 premiers trimestres nous révèle que le taux de réalisation du PAI 2005 de Toffo sera inférieur à 50%. La raison fondamentale de ce faible taux est le manque de moyens propres à la commune pour la mise en œuvre des actions de son plan.

Réalisation d’extensions de réseaux

Un code de financement a été établi par l’équipe du projet pour définir clairement les conditions de financement par ID de projets d’adduction d’eau, les étapes du processus, les rôles de chaque intervenant et les apports de chaque partenaire pour la réalisation des projets. Il a été demandé aux communautés de participer à hauteur de 5% au financement de ces projets en numéraire. L’argent devait être déposé sur un compte CLCAM avant que les travaux ne démarrent et représente une partie du coût total d’étude et de réalisation des projets. Les communautés devaient également participer aux travaux de creusement des tranchées, leur travail étant valorisé à hauteur de 5% du montant du chantier.
Le code de financement a connu une diffusion au niveau de tous les acteurs concernés, c’est à dire le Maire, ses conseillers communaux et les membres des AUE.

Suite à cette diffusion, 11 demandes d’appui à l’extension ont été déposées.Après une présélection et une étude de faisabilité des 11 projets, 7 demandes ont finalement été retenues.

Pour l’organisation du marché, les 7 projets ont été répartis en deux lots constitués de trois projets chacun et un appel d’offres a été ouvert auprès d’entreprises installées dans le département de l’Atlantique.

Le dépouillement des offres et la sélection de l’entrepreneur ont été faits par une commission d’attribution des marchés regroupant le responsable de ID, les représentants de chaque AUE ayant un projet dans les lots et un représentant de la Mairie. Le directeur de la DDMEH a été tenu informé de toutes les décisions prises à ce niveau mais n’a pu participé aux travaux de la commission.
Les travaux ont été menés conformément aux études de faisabilité et les réceptions des chantiers ont été organisées entre août et septembre 2005.

Au fur et à mesure que les travaux ont été lancés dans les 7 premiers villages, 7 nouvelles demandes ont été enregistrées et de nouvelles études de faisabilité ont été menées pour les extensions de Sey et de Houègbo-Alliho en août 2005 et les travaux ont démarré en septembre 2005.

Villages ou hameaux ayant bénéficié de projet d’extension d’eau entre mars et septembre 2005 :

Projets (Hameaux bénéficiaires) Distance de l'extension (mètres)
Zoungoudo 540
Agbodji 210
Aligoudo 350
Agonlin 205
Adandokpa 360
Fandji-dô 360
Sodogoudo 410
Adévi 530
Kpozounmé 1150
Zounviakpa 910
Zounkpa 560
TOTAL 5 585

Le montant total des travaux pour les 11 projets d’extension d’eau est de 21 195 085 FCFA. Ce montant ne comprend pas la participation communautaire mais inclue le prix des études de faisabilité et du contrôle de chantier.
La DDMEH a été informée en sa qualité de maître d’ouvrage des travaux d’extension des réseaux.

Le prix de l’eau aux bornes fontaines a suivi les prix déjà pratiqués. Il varie entre 20 FCFA (sur le réseau de Houégbo Colli) et 25 FCFA (sur le réseau de Agbotagon) la bassine de 33 litres. Au Bénin, c'est en général la femme qui finance le coût de l’eau du ménage. Pour une femme qui a un revenu moyen de 15 000 FCFA par mois, les dépenses en eau peuvent représenter jusqu’à 15% de son revenu (sachant qu’elle utilise en moyenne 3 bassines par jour pour un ménage de 7 personnes). On estime que le coût de l’eau ne devrait pas dépasser 5% des revenus des ménages, c’est dire si l’eau peut vite coûter cher. Toutes les maisons de Toffo sont équipées de citernes de collecte d’eau de pluie et les ménages se reportent tous sur l’eau de pluie (même souvent pour l’eau de boisson) en saison des pluies.

Formation des Comités de Points d'eau (CPE)

Pour la gestion des nouveaux points d’eau réalisés par ID, des CPE ont été installés au niveau de chaque borne fontaine. Ces comités sont composés de cinq (5) membres : 1 président, 1 secrétaire, 1 trésorier, 1 responsable à la sécurité et 1 responsable à l’hygiène et l’assainissement. Ces CPE ont eu comme première tâche, la réalisation du suivi communautaire des chantiers avec l’AUE et l’organisation des apports communautaires.

2 formations ont été organisées à leur attention auxquels 85 membres des CGE ont pris part.
- Formation 1: « Rôles et tâches des membres de CPE », les 17 et 18 août 2005
- Formation 2 : « Hygiène de l’eau de boisson et salubrité autour des bornes fontaines », les 22 et 23 août 2005


Appui au développement des filières agricoles et à la structuration des producteurs

Les activités d’appui au développement de la filière ananas

-
Prise de contact et état des lieux des associations de producteurs d’ananas
Un diagnostic des trois unions communales (UGPAT, UCPA – Allada et UCPA – Kpomassé) a été fait au démarrage du projet, de manière à cibler nos actions.

L’UGPAT est une association bien structurée, qui est en relation avec un grand nombre de partenaires comme des acheteurs du commerce équitable (l’UGPAT a reçu en 2005 la certification Max Haavelar), des acheteurs du commerce traditionnel, des organismes d’appui. Ses besoins se situent dans :
- La mise à disposition d’engrais pour ses membres. L’UGPAT possède peu de fonds propres et ses négociations pour obtenir un crédit « intrants » auprès des banques locales ont échoué,
- La définition d’un plan stratégique qui est l’un des documents demandé par FLO pour la certification Max Haavelar,
- L’appui à la production d’ananas biologique. Il existe un marché en Europe pour ce type d’ananas et l’UGPAT a été invitée par ses partenaires commerciaux à se lancer dans cette production. La fertilisation avec les fientes de volaille - qui avait été au départ indiqué - n’étant pas suffisante et l’élevage très peu développé dans la zone, les producteurs sont en recherche d’autres sources de fertilisation.
L’UCPA – Allada et l’UCPA - Kpomassé se sont créés très récemment sous l’impulsion de l’UGPAT ou de l’UPS. Leurs besoins se situent dans la structuration de leur association, la recherche de débouchés et l’appui à la production.

- Mise à disposition de crédit intrant aux membres de l’UGPAT
L’une des difficultés rencontrées par les producteurs est la non disponibilité en engrais, notamment le sulfate de Potassium (K2SO4) qui est essentiel pour la concentration du sucre dans le fruit, surtout pour la variété Cayenne lisse. Cet engrais est peu disponible sur le marché et quand il existe, son coût n’est pas à la portée du «petit» voire du «moyen producteur». Aussi pour permettre aux producteurs de développer leur activité, un prêt de 3 000 000 FCFA a été octroyé par ID à l’UGPAT le 2 mai 2005 pour un achat d’engrais. Le remboursement de ce crédit se fait par l’intermédiaire du CSFT (Centre de Séchage des Fruits Tropicaux) qui achète la production de l’UGPAT et sécurise donc les remboursements du crédit (les remboursements sont déduits du montant des ventes).
97 producteurs exploitant entre 1 kantin (= 400 m2) à 2 hectares d’ananas ont bénéficié de ce crédit en 2005.
A ce jour, l’UGPAT a honoré toutes ses échéances de remboursement et il lui reste 2 139 000 F CFA à rembourser d’ici juin 2006.

- Echanges entre organisations de producteurs
2 visites d’échanges ont été organisées.
* Visite échange entre les 3 unions communales
Cette visite a eu lieu à Houègbo le 1er juillet 2005 et avait pour objet de présenter la façon dont l’UGPAT s’était organisée.
* Visite échange de l’UGPAT à Miniffi (un village situé dans la Commune de Dassa, abritant le site expérimental du centre de recherche agricole de Savè).
17 producteurs ont participé à cette visite sur les sites expérimentaux du Centre de Recherche et de Développement de Savè. Cela a été l’occasion pour eux de prendre connaissance des plantes fertilisantes pouvant remplacer les engrais chimiques dans la culture de l’ananas biologique. Ils ont pu apprécier les performances des plantes fertilisantes et de couverture comme le Mucuna, le Stylosanthes guianensis, l’Aeschynomene… La restitution de cette visite a été faite au retour des participants, dans tous les arrondissements membres de l’UGPAT.
Suite à cette visite, des termes de référence ont été élaborés pour organiser une formation sur les techniques culturales des plantes fertilisantes. Le dossier sera soumis prochainement au FODEFCA pour un appui financier.

- Appui à la structuration
Le projet a accompagné l’UGPAT à l’élaboration de son plan stratégique pour la période 2005-2008.
Le plan d’action 2006 de l’UCPA-Allada a été élaboré. ID devra identifier au sein de ce plan d’action les axes qu’elle souhaite soutenir l’année prochaine.
L’UCPA-Kpomassé a choisi de se structurer à partir de groupements villageois, contrairement aux autres associations communales qui regroupent directement des producteurs individuels. Ces groupements villageois sont eux-mêmes faiblement structurés et il est prévu de les appuyer pour s’assurer que l’UCPA-Kpomassé part sur une base suffisamment solide.

Des fiches thématiques ont été préparées sur les thèmes suivants :
- La nécessité de l’existence des textes fondamentaux,
- Les rôles et tâches des responsables d’une association,
- Les droits et devoirs des membres,
- La tenue des outils de gestion.
- Les formations sur ces thèmes auront lieu en année 2.

L’UCPA-Allada, en matière de recherche de débouchés, est en négociation avec l’UGPAT et d’autres clients pour trouver des marchés aux produits de ses membres. Quant à l’UCPA
Kpomassè, elle collabore avec l’UPS pour la vente à l’export des produits de ses membres. Pour l’approvisionnement en rejets, qui était l’une des difficultés soulevées par les producteurs au démarrage du programme, il n’existe pas encore de stratégie propre aux Unions. Chaque producteur réserve une superficie pour la production de ses rejets.

Les activités d’appui aux élevages d’aulacode

- Prise de contact et état des lieux des associations d’éleveurs d’aulacodes
Au démarrage du projet, seule l’association des aulacodiculteurs d’Allada existait (ASSEAUCA). Celle-ci a été créée en novembre 2001 sur l’initiative de certains éleveurs qui avait été installés par ID.
A Toffo et à Kpomassé, il n’existait pas d’associations regroupant les éleveurs d’aulacodes. Pourtant chaque éleveur ressentait le besoin de s’associer à d’autres notamment pour résoudre des problèmes de vente qu’ils n’arrivaient pas à solutionner individuellement.

- Appui à la structuration
L’équipe du projet a travaillé à la constitution de l’association des éleveurs d’aulacodes de Toffo (UCEAT) et de Kpomassé (ASSEAUCOK). Chaque association a organisé son assemblée constitutive au cours de l’année 2004 et 2005 (le 14 décembre 2004 pour l’ASSEAUCOK et le 19 mars 2005 pour l’UCEAT) et s’est doté de statuts et de règlements intérieurs.
Au niveau de l’ASSEAUCA, le projet a aidé cette jeune association à préparer son assemblée générale, notamment par la fourniture du bilan financier de l’année. Au cours de cette assemblée, le bureau a été presque entièrement renouvelé du fait de l’inactivité de la plupart des responsables du bureau.

- Organisation de visites échanges
Deux visites échanges ont été organisées cette année :
* Une visite, le 30 juin 2005 entre les bureaux des 3 associations d’aulacodiculteurs et l’UGPAT, et portant sur le thème : Organisation et fonctionnement des associations (au total 25 participants).
* Une deuxième visite, les 26 et 27 juillet 2005 pour les mêmes associations auprès d’une autre association d’aulacodiculteurs à Ifangni (département de l’Ouémé) et portant sur le thème : recherche de débouchés et maîtrise de la production (au total 20 participants).
Toutes ces visites ont fait l’objet de restitution à la base par les associations visiteuses. Une troisième visite est en cours de préparation.

- Appui à la recherche de débouchés
Les 3 associations ont pu être mis en contact avec des acheteurs (notamment Mme Sondé de la société Mikado) ce qui leur a permis de vendre près de 300 têtes d’aulacodes à 6 000 FCFA l’unité comme «aulacodes de bouche». Depuis plusieurs mois, les éleveurs s’étaient découragés face aux difficultés de vente qu’ils connaissaient. En effet, jusqu’à présent les éleveurs vendaient leurs animaux en tant que «géniteurs» à des projets de développement qui faisaient la promotion de l’élevage d’aulacodes. Ces projets se sont tous interrompus et avec eux, le marché qu’ils avaient créé. Ce nouveau marché d’aulacode de bouche est donc très intéressant pour les éleveurs d’aulacodes, même si le prix d’achat proposé est inférieur à ce dont ils avaient l’habitude. D’autres offres d’achat leur ont été faites mais qu’ils n’ont pas pu honorer, faute d’animaux.

Les activités d’appui aux élevages de lapin

- Prise de contact et état des lieux des sections locales de cuniculteurs
Les activités au niveau des sections locales ont démarré par les séances de prises de contact auprès des cinq sections locales existantes au démarrage du projet : 1 à Kpozounmè (Kpomassè), 1 à Toffo Sèdji (Toffo) et 3 à Kossoé (Allada). Les éleveurs de la section de Kpozounmè n’ont pas soldé le crédit qu’ils avaient pris auprès de ID depuis de 2001 (crédit sur une durée de 10 mois au départ) aussi il a été décidé de n’intervenir auprès de cette section qu’une fois leur crédit remboursé. Fin septembre 2005, ils avaient remboursé 50 000 FCFa mais tous les crédits n’étaient pas encore soldés.
A Kossoé et à Toffo Sédji, le projet a accompagné les sections locales à se doter de règlements intérieurs, d’outils de gestion du secrétariat et de la trésorerie pour une meilleure structuration de leurs groupes.

- Visites d’identification des nouveaux cuniculteurs pour l’installation de nouvelles sections
Plusieurs visites de terrain ont permis d’aboutir à l’identification de producteurs motivés pour se lancer dans l’élevage de lapins. 4 sections ont été installées : 2 à Lissègazoun, 1 à Adjohoun et 1 à Ouègbo. 2 autres groupes ont été identifiés à Ayou et à Dodji-aliho et sont en cours d’installation.
Des règlements intérieurs ont été validés par chaque section et les outils de gestion sont en cours d’installation.

- Formation
2 sessions de formation sur les techniques d’élevage des lapins ont été organisées pour tous les éleveurs débutants des nouvelles sections locales (sauf celle de Dodji Alliho qui n’existait pas encore au moment de la tenue de la formation). 48 éleveurs y ont participé sur 3 jours. La formation a développé 7 modules : habitat, alimentation, reproduction, hygiène, maladies courantes te techniques de traitement, fiches de suivi technique, documents comptables . Les stagiaires ont pu mettre en pratique leur formation sur des animaux vivants et visiter une ferme pratiquant la cuniculture depuis plusieurs années.

Une autre formation a été organisée pour 37 éleveurs déjà installés, pour leur permettre d’approfondir leur connaissance de l’élevage.

- Mise en place des crédits
Des crédits ont été accordés à 43 éleveurs pour un montant total de 1 570 000 FCFA.
Les crédits sont remboursables sur 6 mois : la moitié du remboursement est payé par mensualités pendant 5 mois et l’autre moitié est payé le 6ème mois.
Ces crédits servent à la fois à l’achat de géniteurs et de l’alimentation. Les cages doivent être construites avant le démarrage du crédit par l’éleveur.

- Mise en réseau avec l’ABeC
Les 4 nouvelles sections locales n’ont pas encore été mises en contact avec l’ABeC. Elles sont pour l’instant en période d’observation par ID. Par contre, les éleveurs de Kossoé et de Toffo Sédji sont déjà membres de l’AbeC. Une négociation a été menée par ID pour que l’ABeC accueille des producteurs disposant uniquement de 1 lapin et 3 lapines-mères (l’ABeC demandait un minimum de 1 lapin pour 6 lapines mères pour pouvoir être membre). Aussi, les nouvelles sections pourront bientôt être proposées pour être membres de l’ABeC.
L’ABeC n’impose pas d’exclusivité de vente à ses membres. Aussi, les éleveurs, mêmes membres de l’ABeC, trouvent régulièrement des marchés à des conditions plus intéressantes. La cherté de la provende reste encore un souci pour les éleveurs et plusieurs sections locales réfléchissent à la fabrication d’une provende par eux-mêmes.

Les activités d’appui au développement de la filière de transformation du manioc en gari

Les activités d’appui à la filière gari ont consisté cette année en :
- La rencontre des communautés et la réalisation de l’état des lieux des 11 centres de transformations installés lors de la phase précédente du projet.
- La récupération dans les centres qui ne fonctionnaient pas (Adjadji-Bata, Sègbèya et Houèglé) du matériel de transformation non utilisé. Ce matériel a été réparé et réinstallé dans les centres de Fassinouhocon, Takon, Togouin et Togoudo. Tous les centres ont été réfectionnés. Quelques nouveaux équipements ont été apportés (charrettes pour transporter le manioc …) avec une participation de 10% de leur valeur apportée par les femmes.


- 2 nouveaux centres ont été identifiés à Ayou et à Sey. Du matériel y a été installé. Une participation de 15% au matériel a été demandée et apportée par les femmes bénéficiaires.

Des séances de réflexion ont eu lieu au sein de l’équipe sur le mode d’installation des nouveaux centres et les stratégies de restructuration des anciens centres.

Chaque atelier regroupe entre 6 (centre de Sey) et 25 femmes (centre de Fassinouhokon). Pour la mise en place des crédits, il a été demandé aux femmes de se constituer en Groupes de Caution Solidaire (GCS). Les 3 premiers crédits ont été attribués à 3 groupes de caution solidaire du centre de Fassinouhokon pour un total de 500 000 FCFA.

Le gari s’est vendu à un bon prix cette année et on a assisté à une montée de la valeur des champs de manioc. Nous incitons les femmes à produire du gari «séhoué» : il s’agit d’un gari entièrement cuit qui est vendu plus cher que le gari « mi – cuit ».

Les activités d’appui en micro-crédit aux filières agricole

L’accès aux crédits est indispensable pour accompagner la mise en place et le développement de nouvelles activités chez les producteurs. Une politique de crédit a été définie par le programme, dont voici les éléments essentiels :
- De petits montants de crédit. Chaque producteur reçoit entre 30 000 FCFA (si il débute dans l’activité) et 100 000 FCFA (cas de l’ananas qui nécessite des fonds importants). Ces crédits modestes sont en relation avec les capacités de remboursement du producteur et la durée de remboursement qui est délibérément courte. L’éleveur n’investit donc au départ que modestement ce qui lui donne le temps de maîtriser techniquement ces productions qui sont nouvelles pour lui. Le risque est limité pour ID.
- Un remboursement mensualisé. Les remboursements démarrent dès le premier mois, sauf pour le gari où il est différé d’un mois. Pour les éleveurs, cela suppose donc que l’éleveur devra rembourser son crédit avec le produit d’autres cultures et non avec le produit de l’activité pour laquelle il a obtenu un crédit. Ce système garantit un meilleur remboursement : d’une part, parce qu’il équivaut à utiliser les fonds propres de l’éleveur pour payer le crédit ; d’autre part, parce que les mensualités sont faibles et donc plus faciles à récupérer que si le crédit était recouvré à la fin de l’échéance.
- Une étude de faisabilité est menée avant tout octroi d’un crédit. Elle vérifie que les conditions d’octroi du crédit sont remplies notamment la moralité de l’individu, son appartenance à un groupe, son niveau de maîtrise technique de l’activité …
- La garantie est apportée par la caution solidaire. Les crédits sont octroyés uniquement à des groupes qui se chargent de redistribuer la somme empruntée auprès de leurs membres. Si un individu ne rembourse pas, c’est tout le groupe qui doit cotiser sous peine de pénaliser tout le groupe (pénalités de retard, pas d’accès à un nouveau crédit …). Ce système a montré son efficacité auprès des populations pauvres, qui n’ont pas la possibilité de garantir leur crédit autrement.
- Adaptation aux activités. La durée du crédit, son montant, son mode de remboursement varient en fonction du type d’activités.
- Suivi rapproché par une tierce personne. Un animateur du programme est chargé de la mise en place et du recouvrement du crédit (il se déplace chez les éleveurs). Il est mis en contact avec le groupe bénéficiaire par l’animateur « filière » mais nous jugeons primordial de séparer le rôle de « conseiller technique » que tient l’animateur « filière» du rôle de recouvrement des crédits tenu par l’animateur «crédits».

Le taux d’intérêt pratiqué est un taux linéaire de 12% l’an.

11 crédits d’un montant total de 5 070 000 FCFA ont été installés dans les trois communes . Au total, 165 bénéficiaires ont été appuyés en micro-crédits dont :
- 43 éleveurs de lapin,
- 25 transformatrices de manioc en gari
- et 97 producteurs d’ananas.

Un audit a été réalisé en cours d’année par un consultant extérieur, qui a validé globalement notre démarche tout en insistant sur :
- l’importance de bien expliquer le rôle de la caution solidaire et le rôle de la pression sociale en général,
- la formation de l’agent de crédit,
- l’utilisation de nouveaux outils de suivi des crédits, qui permettraient de recouper toutes les données,
- le transfert des activités de crédit à une IMF (Institution de Micro Finance) spécialisée.

 

Contacts :

Caroline Vignon, Responsable de pôle développement rural
Tèl. : (+33) (0)5 49 60 89 66
Courriel : c.vignon@id-ong.org

Mesmin AGBOTON GEO et Michel KPOYIN, Responsables de Programme
Tél. : (+229) 37 10 37
Courriel: idpca@intnet.bj

Fiche actualisée le 21/03/06