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Présentation du Pôle Eau et Assainissment

Nos programmes :

Comores (îles d’Anjouan et Moheli) : Appui à la gestion de l’eau aux Comores (PAGEC)

Tchad (Région de Moundou) : Accès à l’eau potable, assainissement et lutte contre le plaudisme à Moundou ; et accompagnement de la CCAG (Cellule de Conseil et d’Appui à la Gestion)

Chine (Province du Guizhou) : Accès à l’eau, à hygiène et protection de la ressource en eau

Bénin (Communes de Zé et Toffo) : Amélioration de la couverture eau et assainissement en partenariat avec les collectivités territtoriales

Haïti (Département du Nord d’Ouest) : Amélioration de la couverture eau et assainissement en partenariat avec les collectivités territtoriales

Contexte des programmes hydrauliques d'Eau & Assainissement de ID :

Des communautés ayant rarement accès à une eau potable
Plus de 70% des communautés villageoises avec lesquelles nous travaillons boivent de l'eau comportant des risques sanitaires : l'eau des marigots, des rivières, de citernes ou de réseaux défectueux …
La charge de travail pour aller chercher l'eau est très importante pour les femmes et les enfants. L'eau lorsqu'elle est rare est aussi source de conflits, entre villages, entre types d'utilisateurs (agriculteurs, éleveurs, individus). Le manque d'eau est enfin un frein au développement d'activités économiques. L'irrigation, la transformation de produits agricoles (transformation du gari au Bénin, distillation de l'ylang - ylang aux Comores) en consomment beaucoup.

Des conditions sanitaires précaires
Là où nous intervenons, en zone rurale, les familles disposent rarement de latrines et ont l’habitude de faire leurs besoins dans les champs alentours. De plus, l’eau étant rare, les gens ne se lavent que rarement les mains. Ces conditions engendrent de gros risques de contamination. De plus, l’absence de latrine au domicile présente un risque sécuritaire pour les femmes et les jeunes filles qui doivent s’éloigner pendant la nuit.

Des ressources en eau en voie de disparition

Du fait de la déforestation et de pratiques culturales destructrices, l’eau de surface est en diminution en Haïti et aux Comores. Le milieu hydro – géologique est tel que cette eau est déjà très peu présente en Chine. Le problème du manque de ressources en eau se pose donc partout.

Des techniques d'approvisionnement en eau qui demandent des compétences techniques et des investissements conséquents
Haïti et les Comores sont des îles montagneuses où l'eau de surface (rivières et nappes perchées) est facilement mobilisable, pour peu qu'on sache la canaliser. La région de Weining en Chine est quant à elle aussi montagneuse et par ailleurs isolée, oubliée des autorités centrales. Pour approvisionner des zones, il faut capter l'eau de surface (aux moyens de barrages ou de chambre de captage) et l'amener à proximité des consommateurs par des canalisations. Cette technique demande des compétences en hydrauliques rarement disponibles au départ dans ces pays.
Par ailleurs, la raréfaction de l’eau nous oblige à imaginer des systèmes d’approvisionnement alternatif, tel que citernes de récupération d’eau de pluie, ou recherche des potentialités souterraines, ce qui nécessite d’importants moyens dans ces contextes géologiques complexes.
Au Bénin et au Tchad, le sous équipement des zones où nous travaillons s’explique notamment par des conditions hydrogéologiques qui ne permettent pas la réalisation d’ouvrages hydrauliques simples (puits et forage simples), et nécessitent donc des investissements lourds, inaccessibles pour ces communautés démunies.

Les axes d’intervention des programmes eau & assainissement :

Construire et réhabiliter les infrastructures
En 2006, les investissements réalisés sur nos programmes ont permis à 75 000 personnes d’avoir accès à l’eau.

Renforcer les capacités des structures locales chargées de la gestion de l’eau
L’un des axes majeurs de nos programmes est le renforcement des associations communautaires ayant en charge la gestion des ouvrages, en revalorisant la position des femmes qui sont les premières utilisatrices, mais souvent les dernières à décider.
Sur tous nos terrains d’intervention, ce sont des Comités de Gestion de l’Eau (CGE) ou des Associations d’Usagers d’Eau (AUE) qui sont en charge de la vente de l’eau (sous forme d’un forfait mensuel ou d’un paiement à la bassine) et du maintien du réseau en bon état de marche.
Ces comités font face à de multiples difficultés qui handicapent leur action : difficulté d’acceptation du paiement de l’eau, faible contrôle par les communautés de l’argent géré par ces structures, manque de compétences techniques pour la maintenance … Nous accompagnons ainsi près de 250 comités à travers des formations et des suivis réguliers.

Pour pérenniser les installations, il faut également que les comités soient encadrés par une structure locale, qui peut avoir différente formes : Fédération des comités aux Comores, Service technique de la Mairie au Bénin, Cellule de Conseil de droit privé au Tchad, Service d’entretien en Haïti. Notre appui se porte également à ce niveau.

Former des techniciens
Le bon fonctionnement des réseaux nécessite plusieurs niveaux de compétences. Lors des chantiers, nous formons un plombier local, membre ou proche du comité de gestion, pour qu’il soit en mesure de réaliser les petites réparations. Pour les grosses manipulations ou les études techniques, ce sont souvent des techniciens formés au sein de nos équipes qui sont transférés aux structures d’accompagnement des comités.

Des techniques d’assainissement innovantes
Au Bénin, nous travaillons en partenariat avec le CREPA (Centre Régional pour l’Eau Potable et l’Assainissement à faible coût), pour favoriser l’accès des populations à des moyens d’assainissement autonomes, respectueux de l’environnement.
En Chine nous construisons des digesteurs biogaz, qui sont alimentés d’un côté par le lisier de porc, et d’un autre côté par la latrine familiale. Ce qui présente le triple avantage d’assainir l’environnement du foyer, de fournir lumière et gaz pour le réchaud, et par conséquent de réduire la pression sur l’environnement en économisant du bois de chauffe.

Participer au changement de comportement
L’amélioration des conditions sanitaires passe nécessairement par le changement de comportement, que ce soit pour la gestion des réseaux (acceptation du paiement, respect des parties communes), ou pour l’évolution des conditions d’hygiène : compréhension de risques liés à une eau contaminée, aux mains sales, à la dispersion des excréments.
Pour cela, les méthodes et outils varient en fonction des cultures : diffusion radio d’émissions, de spots, de feuilletons, théâtres forum, chansons, tee-shirts, boites à images, évènements festifs…
Le passage de la compréhension à l’action nécessite beaucoup de temps, c’est pourquoi des activités de sensibilisation sont associées à chacune de nos interventions.

Améliorer la qualité de l’eau
- Veille sanitaire à travers la réalisation d’analyses régulières
- Expérimentations et mise en place de procédés de traitement de l’eau collectifs ou individuels : systèmes de chloration collectifs ou individuels, filtres rapides horizontaux, filtres lents, filtres céramiques….

Préserver la ressource en eau
Plusieurs programmes ont démarré sur cette question avec 2 niveaux de réponse :
Au niveau hydraulique, nous avons lancé la construction de citernes familiales ou communautaires de récupération d’eau de pluie en Chine et en Haïti. Des améliorations ont été apportées au schéma « traditionnel » : installation d’une bâche comme impluvium, filtre à sable pour clarifier l’eau. Aux Comores, plusieurs études ont été menées sur ce thème : comment répartir l’eau le plus justement sur des réseaux multi – villageois, évaluation des ressources disponibles à l’échelle d’une région, prospection pour de nouveaux forages à Mohéli.
Au niveau environnemental, le programme en Chine réalise des latrines à réservoir biogaz familial. Le biogaz produit par les latrines permet à une famille d’utiliser un réchaud et de limiter ainsi sa consommation en bois de chauffe. En Haïti, un programme de reboisement conduit en partenariat avec PRODEVA a été lancé à la suite des inondations de 2004 sur Gonaïves et Ennery (tempête Jeanne).

Contact :
Nicolas Moreau, Responsable du pôle eau et assainissement
n.moreau@id-ong.org
Tel : 00 509 680 68 14