La vie de Madame Luo et de sa petite fille à Shenjiagou

A plusieurs dizaines de kilomètres de la ville la plus proche, Zhaotong, se trouve Shenjiagou, un village très pauvre et difficilement accessible du district de Zhaoyang (Yunnan, Sud de la Chine). Ce village, qui borde une rivière, se situe dans une vallée où le vent s'engouffre en permanence. C’est dans une petite maison sombre et humide que nous avons rencontré Wu Chizhen, une vieille femme de 70 ans.

Madame Wu a vécu toute sa vie à Shenjiagou. Sa vie a été très difficile et cela se voit physiquement : elle est maigre et son visage marqué par des rides profondes. Malgré cela, elle a toujours le sourire aux lèvres et dégage ce calme et cette tranquillité que seules les personnes âgées peuvent avoir.

Son mari, Luo Nengdong, a pratiquement le même âge qu’elle. Ensemble, ils ont eu quatre fils. Le plus jeune, Luo Guoping, est militaire. Le cadet, Luo Guoxiong, et le troisième fils, Luo Guohu, sont tous deux ouvriers à Kunming et envoient régulièrement de l’argent pour tenter d’améliorer les conditions de vie de la famille. L’ainé, Luo Guojiang, a été chef du groupe treize du village de Shenjiagou pendant 6 ans. Il a rempli sa mission très consciencieusement et entretient de très bons rapports avec les habitants du groupe.

Madame Wu se rappelle qu’en première année de primaire, parce qu’elle avait été accusée à tort par son voisin de table d’avoir volé un yuan et trente centimes, elle n’avait plus voulu retourner à l’école : « Je le regrette beaucoup depuis… » Aujourd’hui, la personne la plus diplômée de la famille est le fils ainé qui a obtenu l’équivalent du brevet.

Aujourd’hui, tous les espoirs reposent sur l’unique petite enfant de Madame Wu, la « petite Luo Luo ». Dès que Madame Wu évoque sa petite fille, elle ne peut cacher sa tristesse. « Cette petite fille a une vie très triste. Elle a été abandonnée par sa mère à l’âge de 6 mois car sa mère voulait un garçon. La mère est partie très loin et personne ne l’a plus jamais revue ». La « petite Luo Luo » est aujourd’hui âgée de trois ans et demi. Elle a de grands yeux, des joues rouges et aime beaucoup parler et rire. Personne ne peut lui résister ! Madame Wu a affirmé que tant qu’elle serait en vie, elle ferait tout pour que sa petite fille grandisse heureuse.

A l’époque où il n’y avait pas encore de réservoirs à biogaz, la vie de Madame Wu, de son mari et de leur petite fille était très difficile : « Nous dépendions de notre fils ainé qui nous apportait, chaque mois, une grande quantité de charbon et de notre fils cadet qui nous ramassait du bois dans la montagne. Lorsque nous consommions du charbon dans la maison, je toussais beaucoup, mais ce qui m’inquiétait le plus, c’était la santé de ma petite fille… »

Depuis mars 2009, grâce à l’aide d’ID, Madame Wu a pu obtenir un réservoir à biogaz et s’en sert beaucoup depuis. Son plus jeune fils, écrit dans ses lettres destinées à sa famille qu’il est rassuré de savoir qu’il y a désormais un réservoir de biogaz à la maison. Pendant que Madame Wu nous parle de son benjamin, elle en profite pour nous montrer des photos de lui en tenue militaire. Les conditions de vie dans les camps sont très difficiles, mais ce plus jeune fils fait la fierté de Madame Wu.


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