Bénévole sur le terrain
Mark Baker a rejoint ID en tant que bénévole au court de l'été 2009. Il a récemment obtenu de l'Université de East London un Master en Sciences en Architecture avec une spécialisation en Etudes Supérieures en Environnement et Energie. ID l'a interviewé à la suite de sa première sortie sur le terrain.
ID. Vous êtes en Chine depuis maintenant quelques temps, qu'est-ce qui vous a amené ici dans un premier temps ?
Mark. Ce qui m'a fait venir ici est l'envie d'apprendre le Mandarin et de découvrir la culture et aussi la possibilité de trouver un emploi dans l'export de technologies solaires en rapport avec l'eau de la Chine vers l'Europe. Malheureusement, la crise économique mondiale a considérablement réduit les exportations de solutions en technologie solaire. Quant au mandarin, il est bien plus difficile à apprendre que toute autre langue et il faut donc plus de temps pour atteindre un niveau satisfaisant.
Comment avez-vous entendu parlé d'ID pour la première fois ?
Sur un site web d'expatriés à Kunming en Chine, Go Kunming. ID avait passé une annonce car l'organisation recherchait quelqu'un pour traduire en anglais leur site Web français. J'ai postulé et j'ai été pris.
Vous êtes récemment allé sur le terrain, sur un des sites concernés par notre projet, quel était le but de votre visite ?
Le but de ma visite était d'évaluer la construction de toilettes et d'enclos pour animaux dans deux villages du Yunnan où ID avaient installé des réservoirs à biogaz. Les bénéficiaires ont construit eux-mêmes ces toilettes et ces enclos, sans plan standard. Mon but était donc d'évaluer si les plans pouvaient être améliorés et si nous pouvions créer un standard qui serait moins onéreux, plus durable et finalement reproductible.
A votre avis, jusqu'à quel point le projet d'ID peut-il profiter aux bénéficiaires ?
Les bénéficiaires avaient de très faibles revenus et devaient acheter charbon et électricité. L'utilisation des excréments humains et animaux dans les réservoirs (qui étaient jusqu'alors une ressource gaspillée) permet de produire du méthane pour le chauffage et l'éclairage, ce qui réduit considérablement la quantité de charbon et d'électricité utilisée puiqu'elle permet de produire du méthane pour le chauffage et l'éclairage. Ainsi, l'argent économisé par les bénéficiaires peut être réutilisé pour l'amélioration de leur niveau de vie ou pour acheter des graines pour de meilleures récoltes. De plus, la réduction de l'utilisation de charbon dans les maisons permet de réduire le haut risque d'intoxication au fluor.
Sauf erreur, vous avez de l'expérience dans l'architecture durable. Pensez-vous que les réservoirs d'ID, les enclos pour animaux et les toilettes sont durables d'un point de vue architectural. Si la réponse est non, que pourrait faire ID pour améliorer cet aspect ?
J'ai le sentiment qu'il y a une différence entre les idées que se font les Occidentaux et les Orientaux au sujet de l'architecture durable. L'approche occidentale s'intéresse à l'apparence extérieure qui doit respecter des exigences esthétiques et culturelles, avec des matériaux basse consommation d'énergie (utilisation de bois, de tuiles en argile, d'enduits de finition à base de pierre, l'agencement des fenêtres, etc.). L'approche orientale, elle, donne plus d'importance à l'apparence intérieure. De plus, le concept d'entretien régulier tel que pratiqué en Occident, est presque inexistant en Chine.
Donc en Chine, être durable ne signifie par que l'on utilise des matériaux durables (tels que des briques de terre) mais que la construction ne nécessite que peu voir aucun entretien. L'utilisation importante de ciment pourrait être considérée dans les pays de l'Ouest comme étant non durable et donc peu intéressante. Par contre, pour les fermiers à faibles revenus, un édifice construit en blocs de béton et pour lequel il ne faudra plus jamais dépenser un centime est une construction "durable".
Je pense qu'ID pourrait influencer les comportements en encourageant et récompensant l'utilisation de matériaux traditionnels, la restauration et la réutilisation d'anciens bâtiments.
Qu'avez-vous pensé des conditions de vie des villageois ?
Les conditions de vie peuvent être considérées comme étant extrêmement élémentaires, avec des sols en terre, du très vieux mobilier d'occasion, une seule ampoule électrique utilisable, une gazinière pour se chauffer. Ils vivent et dorment dans une seule et même pièce... Les étages, accessibles par une échelle, servent surtout pour le stockage. Les journaux, lorsqu'il y en a, servent de papier peint. Le fait de cohabiter avec des animaux donne des airs de Moyen Age en Europe. Les routes ne sont que des chemins de terre. Et cependant, presque tous reçoivent la télévision par satellite et possèdent des téléphones portables. La vie est très fonctionnelle, avec peu de confort superflu (tel que la chaleur ou l'intimité).
En tant qu'étranger, comment les villageois se sont-ils comportés avec vous ?
En tant qu'étranger, j'étais très bien traité. Tous les bénéficiaires interrogés nous ont invité chez eux, nous ont proposé à boire et à manger et lorsque nous refusions poliment, ils nous offraient malgré tout des pommes, poires, pommes de terre chaudes… Les enfants étaient les plus curieux, mais aucunement hostiles.