Le Guizhou

Le Guizhou, situé au sud-ouest de la Chine, est une des régions les plus montagneuses du pays.

Cette province surprend par ses paysages singuliers : pitons découverts et rochers de calcaire, au milieu de montagnes abruptes qui bordent de larges vallées et pâturages où paissent moutons et chèvres.

Li Bai, célèbre poète sous la dynastie des Tang, a écrit « les chemins du Guizhou sont aussi ardus que ceux qui montent au ciel ». Le grand penseur de la dynastie des Ming (1389-1644), Wang Yangming, n’a pas dit autrement en affirmant que même les oiseaux peinent à voler au-dessus des terres du Guizhou.

Le Guizhou, province défavorisée

Le Guizhou est au dernier rang des provinces chinoises de par son PIB par habitant. Les principales cultures sont le sarrasin, les pommes de terres et le maïs, les conditions climatiques et géologiques rendant impossible la culture du riz dans la plus grande partie de cette province.

Les faiblesses du réseau routier sont une des caractéristiques principales de la province et un des facteurs les plus contraignants au développement local. L’accès à de nombreux villages est toujours difficile et long dû au manque de pistes praticables, et un grand nombre de villages demeurent écartés des réseaux de communication (marchés, soins médicaux, écoles). Par exemple, seules 2 routes goudronnées relient Weining (site d’intervention d’ID) à Guiyang, la capitale de la province. Néanmoins, le développement des infrastructures routières demeure une activité prioritaire dans l’agenda du gouvernement local.

Le Guizhou est aussi connu sous le nom de « Capitale du charbon au sud du Changjiang ». La production de charbon est essentiellement destinée à la consommation intérieure car le charbon constitue le principal combustible domestique pour les populations locales.

Malgré les efforts manifestes des autorités locales pour améliorer le niveau de vie des populations locales et briser leur isolement séculaire, la province du Guizhou demeure une des provinces les plus précaires de Chine.


 

 
L'énergie dans le Guizhou

Le programme de reforestation gouvernemental se heurte également au manque de sources d’énergie alternatives au bois vert. ID en travaillant sur des programmes d’accès au biogaz lutte contre la déforestation.

L’électricité, lorsqu’elle est disponible, est souvent trop chère pour les familles ; le charbon est plus abordable et envisageable pour une partie de la population, mais il est souvent difficile, voire impossible à transporter jusqu’aux villages. Ce point est particulièrement critique dans le district de Weining où le climat froid des montagnes nécessite des besoins en chauffage conséquents.
 

 
Weining, 1er lieu d’intervention d’ID en Chine

Entité administrative créée en 1954, le district de Weining, un des plus vastes districts du Guizhou d’une superficie de 6 300 km2 et devenu « district autonome des minorités Yi, Hui et Miao de Weining » en 1984, est situé à l’extrême pointe ouest de la province.

Il est nommé le Far West du Guizhou car il demeure une zone encore peu explorée, sauvage, voire parfois inhospitalière (il n’est ouvert aux étrangers que depuis peu et les démarches administratives y restent particulièrement laborieuses).

Les sols solubles carbonatés couvrent le district, créant des paysages karstiques extravagants, mais qui ne favorisent pas les conditions des vie des habitants établis en altitude : les sources d’eau sont rares, l’eau s’infiltrant pour ressortir seulement au fond des vallées.

L’accès à l’eau est certainement le problème qui se pose avec le plus d’acuité dans le district de Weining. Les précipitations y sont peu importantes, et l’eau est difficilement accessible.

Ainsi, plus du tiers de la population de ce district montagneux (350 000 personnes sur 1 millions d’habitants) n'avait pas accès à l'eau en 2002.

Le district de Weining est une zone de faibles précipitations, avec des précipitations annuelles de 600 mm à 800 mm. En outre, ces précipitations sont mal réparties sur deux saisons : la saison sèche, pendant l’hiver et le printemps, dure entre 5 et 7 mois, ne permettant qu’une seule récolte annuelle.

Au cours de la saison des pluies, les précipitations sont très irrégulières, parfois très violentes, entraînant des inondations fréquentes accompagnées de catastrophes naturelles, telles que des glissements de terrain et des éboulements de pierres et de boue, et des phénomènes d’érosion des sols très importants accrus par une déforestation généralisée


 

 
Le lac Caohai, entre couchers de soleils et problémes environnementaux

La présence du lac Caohai (lac de la « mer des herbes »), une des réserves naturelles chinoises, est une des merveilles de la province du Guizhou.

Ce lac d’eau douce âgé peu profond situé sur un plateau à 2 200 m d’altitude, parfois surnommé le « Paradis des oiseaux » est un véritable sanctuaire pour les ornithologues car il constitue un refuge hivernal important pour toutes sortes d’échassiers migrateurs, dont la célèbre grue à couronne noire, une espèce menacée.
 

 

Ce lac a une histoire complexe d’interventions humaines qui ont contribuées à fragiliser son écosystème. Ainsi, à la fin des années 1950, lors du Grand Bond en avant, puis dans les années 1970, lorsque le parti central donna la priorité à la production de céréales, le gouvernement local draina le lac jusqu’à trois fois, pour le transformer en terre agricole.



Les autorités ont pris conscience depuis peu de l’importance de protéger l’écosystème du lac: non seulement sa disparition entraîna des désordres climatiques aussi rapides que prononcés (baisse subite du niveau des précipitations, périodes de gel plus intense allongées, accroissement de la saison sèche, etc…) mais elle laissa aussi un bon nombre des villages riverains, dont les puits étaient alimentés par la nappe du lac, sans eau, accroissant les tensions sociales.

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